Rosoboronexport, l’organisme russe chargé des ventes d’armes, a annoncé avoir signé de nouveaux accords d’exportation pour le Su-57, chasseur furtif de cinquième génération. L’organisme n’a nommé aucun acheteur ni précisé le nombre d’appareils concernés, reconduisant la discrétion qui entoure les commandes de cet avion.
Trois pays engagés, l’Algérie en tête
Selon l’article de Business AM, trois pays se seraient d’ores et déjà engagés à acquérir le Su-57. L’Algérie est identifiée comme le tout premier client : elle aurait reçu deux appareils dès la fin 2025, livrés à un partenaire resté non identifié au moment des faits. Ce calendrier reste avancé par certaines sources plutôt que confirmé officiellement par Moscou.
L’Iran, seul client régional plausible
Le ministre russe de l’Industrie et du Commerce, Anton Alikhanov, a confirmé que des accords avaient été conclus au Moyen-Orient. Il s’était déjà exprimé sur le sujet en février 2026, lors de l’exposition Innoprom en Arabie saoudite, affirmant qu’il existait un intérêt significatif et que certains contrats avaient été signés, bien qu’il ne puisse en divulguer les détails.
Aucun pays n’est nommé, mais l’Iran apparaît comme le candidat le plus probable. Les anciens partenariats militaires russes dans la région se sont effondrés les uns après les autres : la Syrie et l’Irak, clients historiques pendant la Guerre froide, ont vu leurs gouvernements renversés, tandis que le Yémen est déstabilisé depuis 2011. Le conflit en cours et la vulnérabilité des aérodromes iraniens pourraient toutefois compliquer une livraison effective des appareils.
Le Kazakhstan constituerait le troisième client confirmé. Selon plusieurs informations, son armée de l’air s’apprêterait à intégrer les premiers Su-57 d’ici deux ans, un calendrier qui correspond à celui évoqué fin août 2026 pour la réception de son tout premier chasseur de cinquième génération.
L’Inde, elle, n’a pas encore passé commande mais négocie une production sous licence. Les discussions ont atteint fin janvier 2026 un stade technique avancé, et Moscou proposerait à New Delhi un accès sans précédent au code source de l’appareil pour emporter la décision.
L’armée de l’air indienne fait face à une pénurie de chasseurs, alors que son programme national de chasseur furtif AMCA pourrait ne voler qu’en 2032, voire plus tard. New Delhi envisage par ailleurs d’acquérir 114 Rafale supplémentaires, un appareil qui n’a rien d’un chasseur furtif.
Plusieurs sources indiennes évoquent la possibilité que le Su-57 équipe directement des escadrons de première ligne, fortement personnalisé pour répondre aux exigences locales.
Le Vietnam manifeste depuis neuf ans un intérêt pour l’appareil, un intérêt largement rapporté par des sources locales comme se poursuivant en avril 2026. La Corée du Nord, de son côté, est jugée susceptible de tirer parti de son soutien à la guerre russe en Ukraine pour contourner les sanctions internationales sur les armements.
La Russie a présenté le Su-57E, variante export du Felon commercialisée comme une alternative économique au F-35 américain, ainsi qu’un nouveau système d’armes furtif baptisé S-71, au salon aéronautique international d’El Alamein 2026, en Égypte. L’appareil y a été montré au sol et lors de démonstrations en vol : c’est la première fois que Moscou dévoile publiquement cette nouvelle génération d’armements aéroportés.
Doté de soutes à armes internes et de capacités de supercroisière, le Su-57E tire aussi argument de son déploiement en Ukraine, qui lui a valu un niveau de données de combat en haute intensité que peu d’avions concurrents possèdent.
La série S-71 comprend deux variantes principales, le S-71M Monokhrom et le S-71K Kovyor, ainsi qu’au moins une arme plus petite dont la désignation n’a pas été révélée. Selon l’United Aircraft Corporation, le S-71M sert de plateforme de transport d’ogives encore en développement, tandis que le S-71K est classé comme une bombe aérienne guidée, dotée selon les services de renseignement ukrainiens d’une portée d’environ 300 km et déjà utilisée comme arme de croisière à faible coût.
Les deux variantes se logent dans la soute du Su-57 comme dans celle du drone S-70 Okhotnik, faisant du chasseur un centre de contrôle et de lancement de drones plutôt qu’un simple avion de supériorité aérienne.
De nouvelles installations doivent permettre d’accroître sensiblement les cadences de fabrication du Su-57 en 2026, de quoi honorer les commandes étrangères tout en reconstituant les forces aérospatiales russes. Moscou mise notamment sur l’Inde, marché prioritaire pour compenser les sanctions occidentales, dans un contexte où la concurrence progresse : la Chine a déjà mis en service deux chasseurs de cinquième génération, les J-20 et J-35, et prépare la livraison de ce dernier au Pakistan.








