Un Rafale de l’armée de l’air égyptienne a été ravitaillé en vol pour la première fois par un avion-citerne chinois YY-20A. La scène s’est déroulée dans le cadre de la seconde édition des manœuvres militaires conjointes égypto-chinoises baptisées « Aigles de la civilisation », qui rassemblent depuis la mi-août 2026 les forces aériennes des deux pays et doivent se poursuivre jusqu’au début du mois de septembre.
Une photographie de ce ravitaillement a été diffusée par le porte-parole de l’état-major égyptien sur le réseau social X. Elle montre le ravitailleur chinois en train de transférer du carburant à un chasseur français conçu par Dassault Aviation, une image inédite qui atteste d’une compatibilité technique entre deux appareils issus de programmes militaires totalement distincts.
Le YY-20A utilise pour cela des tuyaux souples et des paniers, une technique dite « Probe and Drogue Refueling » également employée par les A330 MRTT de l’armée de l’Air et de l’Espace française. L’opération impose une coordination fine entre les deux aéronefs : vitesse d’approche, contact avec le panier et performances respectives des appareils doivent être ajustés en temps réel.
Pour l’Égypte, qui ne possède pas d’avions ravitailleurs propres alors que son territoire à surveiller est étendu, la démonstration illustre une capacité qui pourrait intéresser directement ses forces aériennes.
🇪🇬 🇨🇳 | Pour la première fois, des chasseurs chinois J-16 se sont entraînés face aux Rafale égyptiens dans des combats aériens simulés lors de l’exercice « Eagles of Civilization 2026 » en Égypte.
Une première historique pour un avion de combat chinois face à un appareil de… pic.twitter.com/r47Lwj69td
— Egypt News (@EgyptNews_fr) August 24, 2026
Un dispositif chinois étoffé, entre chasseurs et guerre électronique
L’Armée populaire de libération a déployé pour l’occasion plusieurs chasseurs Shenyang J-16, six avions de transport Xi’an Y-20, des ravitailleurs YY-20A, un appareil de détection et de commandement aéroporté KJ-500 ainsi que des hélicoptères Z-20. Selon un compte rendu de l’Armée populaire de libération, le YY-20A a même servi de nœud de commandement aéroporté lors du vol des J-16 vers l’Égypte.
Le programme, décrit par un porte-parole du ministère chinois de la Défense le 14 août 2026, porte sur « les tactiques de combat aérien, les opérations de supériorité aérienne ainsi que sur la recherche et le sauvetage au combat ». L’exercice vise aussi à renforcer l’interopérabilité entre les deux forces aériennes.
Dans ce dispositif, la signature électronique des Rafale égyptiens, et en particulier leur système SPECTRA de protection et d’évitement des conduites de tir, intéresserait particulièrement l’Armée populaire de libération. L’analyste militaire Zhang Xuefeng l’a reconnu auprès de la chaîne de télévision d’État CCTV, expliquant qu’affronter le Rafale en Égypte permet de connaître directement ses performances et certaines de ses caractéristiques de vol, ce qui servira comme référence pour développer des tactiques et des méthodes de combat.
Le Rafale n’est pas un inconnu pour Le Caire. L’Égypte a signé en 2015 un premier contrat portant sur 24 appareils, devenant le premier client étranger du chasseur français, avant de commander 30 exemplaires supplémentaires en 2021, portant le total prévu à 54 avions. Le premier Rafale égyptien avait été livré dès juillet 2015, quelques mois seulement après la signature du contrat initial.
Au-delà de l’exercice, le South China Morning Post a avancé l’hypothèse que ce ravitaillement pourrait avoir des suites commerciales pour Pékin, notamment pour l’exportation du YY-20 à l’étranger. Le média estime que cette démonstration de capacité « pourrait offrir à Pékin des options pour une interopérabilité militaire plus étroite et, potentiellement, pour l’exportation du YY-20 à l’étranger », ajoutant que cela « pourrait s’avérer particulièrement pertinent pour des clients potentiels exploitant des aéronefs acquis auprès de différents fournisseurs ».
Aucun projet d’acquisition d’un YY-20 chinois par l’Égypte n’a été annoncé officiellement à ce stade.








