Des F-16 grecs interceptent un drone turc alors qu’un avion de ligne tentait de décoller

Un drone turc frôle un avion de ligne au décollage à Alexandroupolis. De 0 à 433 incursions en deux ans : la mer Égée devient-elle le nouveau front gréco-turc ?

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Des F-16 grecs interceptent un drone turc alors qu'un avion de ligne tentait de décoller
Des F-16 grecs interceptent un drone turc alors qu’un avion de ligne tentait de décoller © Armees.com

Un drone turc a pénétré illégalement l’espace aérien grec ce vendredi 29 août 2026, au-dessus de l’aéroport d’Alexandroupolis, dans le nord-est du pays. L’incursion a provoqué, selon la télévision publique grecque ERTnews, la « mobilisation immédiate de l’armée de l’air ».

Des F-16 grecs, déjà en alerte, ont décollé sur-le-champ. En quelques minutes, ils ont rejoint l’appareil turc, procédé à son identification puis à son interception, avant de le contraindre à quitter l’espace aérien national. Sa sortie a été enregistrée dans la région de l’île de Samothrace.

L’épisode a pris une tournure plus sensible au moment où le drone s’est approché de la piste terminale de l’aéroport, alors qu’un avion de ligne s’apprêtait justement à décoller. ERTnews a jugé la situation « particulièrement préoccupante ». La sécurité du vol n’a toutefois pas été affectée : par précaution, l’appareil a emprunté une autre piste et a décollé normalement vers l’aéroport international d’Athènes.

L’AFP a appris l’incident de sources concordantes, confirmé par une source militaire grecque qui en a toutefois relativisé la portée. « Ce n’est pas un incident grave », a-t-elle assuré, le rattachant aux « incidents et des interceptions quotidiennes » menés par l’armée grecque, dans le nord-est comme dans le sud-est de la mer Égée.

Une multiplication des incursions en 2026

Le survol d’Alexandroupolis s’inscrit dans une hausse continue des violations aériennes turques recensées par le ministère grec de la Défense. Aucune n’avait été enregistrée en 2024. Elles sont passées à 225 en 2025, puis à 433 dès le début du mois d’août 2026. Ces incursions se concentrent en mer Égée et sont désormais menées surtout par des drones, armés ou non.

Des tensions ravivées après trois ans d’accalmie

Ce regain d’incidents intervient après trois années de relations plus apaisées entre Athènes et Ankara. En décembre 2023, les deux pays, opposés sur des différends maritimes et territoriaux notamment autour de Chypre, avaient signé la Déclaration d’Athènes et s’étaient engagés à entretenir des liens de bon voisinage. Depuis une semaine, les tensions ont été ravivées par l’un et l’autre pays, même si le dialogue reste ouvert pour le moment.

L’escalade pourrait se poursuivre, chacun des deux pays s’étant rapproché d’alliés extérieurs. La Grèce et la France ont renouvelé leur pacte de défense en avril 2026, tandis que la Turquie s’est jointe à l’Arabie saoudite et au Pakistan début août 2026.

Interrogé par la chaîne grecque OPEN TV, le ministre grec des Affaires étrangères Giorgos Gerapetritis a affiché la position d’Athènes, affirmant que la Grèce reste vigilante mais n’est pas inquiète, précisant qu’elle n’est pas inquiète car elle a le pouvoir de défendre ses intérêts nationaux dans tous les domaines.

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