Les USA frappent l’Iran à Larak, Téhéran riposte en Jordanie

Les États-Unis ont frappé dimanche deux lanceurs iraniens sur l’île de Larak dans le détroit d’Ormuz, provoquant une riposte immédiate de l’Iran contre des bases américaines en Jordanie. Cette première escalade militaire depuis fin juillet fait bondir les cours du pétrole de plus de 2%, le Brent atteignant 90,43 dollars le baril ce lundi matin.

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Iran instaure une autorité officielle pour percevoir des péages au détroit d'Ormuz
Les USA frappent l’Iran à Larak, Téhéran riposte en Jordanie © Armees.com

Le détroit d’Ormuz a été le théâtre d’une nouvelle escalade militaire le dimanche 30 août 2026. Les États-Unis ont ciblé deux lanceurs iraniens sur l’île de Larak, ce qui a conduit à une contre-attaque iranienne contre deux bases aériennes en Jordanie abritant des troupes américaines. C’est la première confrontation directe entre les deux pays depuis fin juillet et elle a entraîné une hausse de plus de 2 % des cours du pétrole.

Selon le capitaine Tim Hawkins du Commandement central américain (CENTCOM), l’opération visait à neutraliser des lanceurs du Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) qui s’apprêtaient à déployer des mines marines. Il a confirmé la frappe sur l’île de Larak, précisant que les forces irakiennes préparaient le lancement de roquettes équipées de mines dans le détroit d’Ormuz, comme rapporté par plusieurs médias internationaux.

Missiles balistiques contre les bases du roi Hussein et d’al-Azraq

En réponse, le CGRI a lancé des missiles balistiques contre les bases aériennes du roi Hussein et d’al-Azraq en Jordanie, prétendant avoir causé des « dégâts considérables » aux infrastructures techniques et aux positions de chasseurs. Selon les médias d’État iraniens, cette attaque est une « réponse et une punition » à la frappe américaine, qui aurait causé des pertes humaines sur l’île de Larak.

L’agence Tasnim a signalé que l’attaque américaine s’était déroulée en deux vagues, probablement par drones. Hossein Mohebbi, porte-parole du CGRI, a qualifié cette opération de « erreur stratégique et fatale du régime Trump », promettant des conséquences économiques et militaires pour l’ennemi.

Les forces armées jordaniennes ont affirmé avoir intercepté huit missiles, évitant ainsi toute menace pour les civils ou les infrastructures, selon l’agence officielle Petra. Un responsable américain a confirmé que tous les missiles avaient été interceptés sans impact significatif sur les forces américaines en Jordanie.

Larak, verrou stratégique d’un détroit sous tension

L’île de Larak est positionnée stratégiquement près du port de Bandar Abbas, sur le détroit d’Ormuz. Avant le conflit débuté le 28 février 2026, environ 20 % du pétrole mondial transitaient par ce passage étroit. Selon Free Press Journal, Téhéran oblige désormais les navires-citernes à passer près de Larak pour inspection, imposant une taxe de 2 millions de dollars par traversée. Le CENTCOM a redirigé 83 navires commerciaux et arraisonné plusieurs embarcations pour garantir le respect du blocus contre l’Iran.

La dernière frappe américaine sur des positions iraniennes remontait au 29 juillet 2026, après quoi le conflit avait connu une accalmie relative. Donald Trump avait affirmé que toutes les mines dans le détroit avaient été désamorcées, menaçant de détruire toute nouvelle tentative de minage.

Le pétrole bondit, les marchés redoutent une nouvelle escalade

Les annonces des frappes ont provoqué une flambée des cours du pétrole. Le lundi 31 août 2026, le Brent atteignait 90,43 dollars le baril et le WTI 85,37 dollars. Les contrats à terme pour le Brent de novembre ont augmenté de 1,54 %, tandis que le WTI d’octobre progressait de 1,44 %, selon les données de marché.

Les analystes soulignent le risque persistant sur l’approvisionnement. Tamas Varga de PVM Oil Associates a déclaré à CNBC que le risque sur l’offre persistera, avec des stocks de pétrole en baisse. Goldman Sachs a noté que l’augmentation des frappes au Moyen-Orient et en Russie a contraint des capacités de raffinage, poussant les marges à la hausse.

Diplomatie au point mort, guerre économique intensifiée

Les tirs surviennent alors que le conflit entre dans son septième mois sans résolution diplomatique en vue. Des médiateurs, dont le Pakistan et le Qatar, tentent de rapprocher les parties. Un cessez-le-feu avait été conclu en avril, mais aucun progrès tangible depuis.

Washington a déclaré une « guerre économique » contre Téhéran, lançant l’« Opération Paria économique » pour isoler l’Iran. Le département du Trésor américain menace de lourdes sanctions aux pays maintenant des liens économiques avec l’Iran.

L’attaque américaine a suivi un appel du Guide suprême Mojtaba Khamenei à l’unité des pays musulmans contre les États-Unis et Israël, exhortant à identifier l’ennemi et à le confronter. La Maison Blanche a affirmé qu’aucune négociation n’était en cours avec Téhéran. Trump mise sur la pression économique, espérant que la force financière américaine conduira à une « grande victoire ».

Un bilan humain qui s’alourdit

Depuis le début du conflit, les frappes américano-israéliennes sur l’Iran ont causé des milliers de morts et déplacé des millions de personnes. Dix-huit militaires américains ont perdu la vie dans ce conflit. L’agence ABP Live rapporte des victimes lors de l’attaque sur Larak, bien que Téhéran n’ait pas communiqué de chiffres précis.

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