Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé le 26 août 2026 avoir conclu des accords avec Oman sur la gestion du détroit d’Ormuz, qui incluent une clause stratégique prévoyant l’exclusion des navires militaires. Cette décision modifie les équilibres régionaux et a suscité une réponse immédiate de Washington.
Un accord-cadre excluant les forces militaires
Hossein Mohebi, porte-parole des Gardiens de la Révolution, a confirmé la conclusion d’accords sur le partage des eaux du détroit d’Ormuz et des revenus entre l’Iran et Oman. Selon Kazem Gharibabadi, ministre adjoint des Affaires étrangères iranien, le trafic commercial entrant passerait par les eaux iraniennes, tandis que le trafic sortant utiliserait les eaux iraniennes et omanaises. La mesure la plus significative est l’interdiction totale des navires militaires dans le détroit.
Fermé depuis le début de la guerre en février 2026, le détroit d’Ormuz est un passage stratégique reliant le Golfe Persique à l’océan Indien. Après six mois de quasi-paralysie du trafic maritime, l’Iran et Oman ont engagé des négociations pour rétablir la navigation commerciale tout en redéfinissant les règles militaires d’utilisation.
L’interdiction des navires militaires remet en question la doctrine de liberté de navigation appliquée par les États-Unis et leurs alliés, qui considèrent Ormuz comme un passage international soumis au droit de transit innocent, y compris pour les navires de guerre. L’accord proposé par l’Iran et Oman impose une souveraineté partagée sur le détroit, ce qui conteste ce principe.
Pour les États-Unis et l’OTAN, cette restriction signifierait une limitation des déploiements militaires dans le Golfe Persique, nécessitant des négociations préalables. La cinquième flotte américaine, basée à Bahreïn, verrait sa capacité de projection réduite, affectant les opérations de surveillance maritime et la protection des convois commerciaux occidentaux.
La riposte américaine : menaces et blocus
Le président Donald Trump a réagi en menaçant de bombarder Oman si le pays entravait l’accord en cours. Washington maintient également un blocus des ports iraniens, que le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a qualifié d’« offensive économique » visant à priver les civils iraniens de nourriture, médicaments, équipements médicaux, énergie et autres nécessités.
L’Iran conditionne la réouverture du détroit au respect du protocole d’accord signé avec Washington en juin 2026, notamment la levée du blocus américain. Les Gardiens de la Révolution ont affirmé que le détroit restera fermé tant que ces engagements ne seront pas respectés. La posture américaine alterne entre menace militaire et pression économique, sans issue de désescalade claire.
Calendrier et phases de déploiement
Le 25 août, les ministres des Affaires étrangères iranien et omanais ont annoncé l’établissement d’un « couloir temporaire » pour la navigation commerciale. Cette initiative inclut une opération de déminage préalable du détroit. Badr al-Busaidi, ministre omanais, a indiqué que les discussions sur un plan permanent de gestion du trafic maritime se tiendront dans les 30 à 60 jours suivants.
Le couloir temporaire vise à rétablir un flux commercial minimal pendant la négociation. Les modalités techniques, telles que la largeur du corridor et les horaires de passage, sont à définir. Les deux pays doivent également coordonner leurs ressources navales pour sécuriser le transit et éviter tout incident pouvant perturber le processus.
Une solution permanente devra s’appuyer sur le protocole d’accord signé entre Téhéran et Washington en juin. Oman joue un rôle de médiateur, cherchant à concilier les exigences de souveraineté iranienne avec les impératifs de sécurité maritime internationale. Le Qatar, avec une visite prévue de son Premier ministre à Téhéran le 27 août, participe également aux efforts de désescalade.
Les risques de rupture des négociations
Plusieurs facteurs fragilisent l’accord en cours. Les menaces américaines contre Oman pourraient inciter ce dernier à revoir sa position. L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, alliés régionaux de Washington, craignent que cet accord ne renforce l’influence iranienne sur le commerce maritime du Golfe.
L’impact économique de la fermeture du détroit est déjà visible. Par exemple, l’aéroport international de Dubaï a connu une baisse de 31,3 % des passagers au premier semestre 2026 par rapport à 2025, avec seulement 13 millions de passagers au deuxième trimestre. Prolonger la paralysie du trafic maritime accentuerait la récession économique régionale et mettrait plus de pression sur Téhéran et Mascate pour trouver une solution rapide.








