Le président finlandais Alexander Stubb a affirmé que les frappes aériennes ukrainiennes contre les entrepôts du géant russe de l’e-commerce Wildberries peuvent pousser la Russie à la table des négociations. Il s’exprimait lors d’une conférence de presse tenue à Kiev le lundi 24 août 2026, à l’issue de la réunion de la Coalition des volontaires.
Selon lui, 65 % des Russes souhaitent désormais la fin des hostilités, un chiffre en hausse de dix points depuis que Kiev cible les bâtiments de Wildberries, surnommé l’Amazon russe. Pour Stubb, en frappant ces installations logistiques, l’Ukraine parvient à peser sur l’opinion publique russe et à accroître la pression interne sur les autorités du pays.
« Donc, si votre question est : est-ce que je pense que c’était une stratégie militaire judicieuse de la part de l’Ukraine ? Ma réponse est oui, absolument », rapporte Le Parisien. Il ajoute que les frappes à longue portée menées par Kiev contre les raffineries et entrepôts pétroliers russes constituent, selon lui, le seul moyen de garantir la participation de Moscou aux négociations de paix.
Une vingtaine d’entrepôts visés en un mois
Près de 20 sites de Wildberries ont été frappés par des drones ukrainiens depuis le 18 juillet 2026. Au moins 1,18 million de m² de surfaces logistiques ont été détruits par le feu, soit plus d’un cinquième de la capacité opérationnelle de stockage de l’entreprise.
Kiev présente ces centres comme des infrastructures à usage dual, civiles mais susceptibles d’alimenter l’effort militaire russe. Volodymyr Zelensky affirme que les entrepôts contenaient des composants sous sanctions destinés à fabriquer des drones, ainsi que des systèmes de guidage pour l’artillerie.
La direction de Wildberries rejette catégoriquement ces accusations. Le Kremlin lui apporte son soutien et dénonce des agressions délibérées contre le secteur privé. Le samedi 22 août 2026, Vladimir Poutine a estimé que Kiev avait ouvert « la boîte de Pandore » en frappant l’économie russe, prévenant que Moscou viserait en retour la production ukrainienne et ses exportations agricoles.
Stubb estime par ailleurs que l’Ukraine se trouve dans une situation militaire, financière et économique plus favorable qu’il y a un an, en août 2025. Il juge que Kiev a besoin d’une aide à la fois militaire et financière pour renforcer sa capacité à frapper en profondeur le territoire russe, par drones ou missiles, ce qui augmenterait le coût de la guerre pour Moscou.
Cette campagne, que les responsables ukrainiens qualifient de sanctions à long terme, s’accompagne d’un usage croissant de drones de fabrication nationale contre des sites stratégiques russes. L’Ukraine s’apprête aussi à lancer la production nationale de missiles de croisière Storm Shadow, grâce à un transfert de technologie accordé par le Royaume-Uni.
Le président finlandais juge que la guerre pourrait encore se poursuivre pendant plusieurs mois. Il assure que la Russie n’envisage pas d’attaquer directement l’OTAN, et rejette catégoriquement l’idée que Vladimir Poutine ait renforcé sa position à l’issue de ce conflit.
Volodymyr Zelensky a de son côté raillé le dirigeant russe dans un discours, affirmant qu’il parle de grandeur depuis 27 ans mais que son pays fait la queue pour avoir de l’essence.








