Aucune convocation générale n’obligera les jeunes Argentins à intégrer les Forces armées en septembre 2026. Une vérification des faits permet d’établir qu’aucune décision de ce type n’a été prise pour septembre 2026, contrairement à ce qu’affirment plusieurs publications évoquant le retour du service militaire comme Cronista. Les recherches sur le sujet ont pourtant bondi ces derniers temps.
Cette confusion a coïncidé avec l’ouverture, par différentes unités des Forces armées, de processus d’incorporation de soldats volontaires. C’est notamment le cas de l’École militaire de montagne de Bariloche, qui a lancé une convocation dont le Noyau d’instruction de base débute le 1er septembre 2026. Mais cette procédure ne concerne que des jeunes déjà inscrits et ayant passé le processus de sélection, pas une mobilisation générale.
Le régime volontaire créé en 1994, actualisé en 2025
Ce qui s’applique actuellement porte un nom : le Service militaire volontaire, institué par la loi 24.429 de 1994. Son premier article est sans ambiguïté : la prestation est effectuée par décision propre par des citoyens argentins, hommes et femmes. Le gouvernement de Javier Milei a modifié la réglementation de ce système via le décret 372/2025, publié le 2 juin 2025 au Boletín Oficial, sans le rendre obligatoire pour autant.
Ce texte a surtout changé la formation, l’éducation et la capacitation des volontaires. Les soldats entrés sans avoir terminé le secondaire devront désormais compléter ce niveau d’études pendant leur présence dans le système, sans que cela nuise à leurs activités militaires.
Le décret prévoit aussi un cours d’admission de 10 à 12 semaines, dont la durée exacte dépend de chaque force, suivi d’une incorporation en commission comme soldat volontaire de deuxième classe pour une période initiale de deux ans maximum. À l’issue du service, la Défense et le Secrétariat au travail peuvent délivrer un certificat de métiers et compétences valable sur tout le territoire national.
Les volontaires touchent une rémunération mensuelle dès l’entrée au cours d’admission, selon le barème de la Troupe de soldats volontaires, avec couverture santé, assurance-vie et cotisations retraite.
La confusion tient aussi à une question d’âge. Lors de l’annonce de la réforme en mai 2025, la communication officielle évoquait des jeunes de 18 à 28 ans. Or la loi 24.429 fixe toujours l’entrée dans le dispositif entre 18 et 24 ans : le décret 372/2025 a modifié d’autres exigences de l’article 8 du règlement, pas cette limite.
Les 28 ans correspondent en réalité à l’âge maximal jusqu’auquel un soldat déjà incorporé peut rester en service, s’il le souhaite et selon les besoins de sa force. Les convocations menées par l’armée de terre en août 2026 continuent d’ailleurs d’exiger d’avoir entre 18 et 24 ans, comme l’a montré une récente incorporation dans la province de Chubut, qui a réuni 223 hommes et femmes.
Un mécanisme obligatoire resté théorique
La loi prévoit tout de même une porte de sortie exceptionnelle. Si les quotas de personnel ne sont pas atteints par le volontariat, l’article 19 de la loi 24.429 autorise le pouvoir exécutif à demander la convocation de citoyens atteignant 18 ans dans l’année, pour un an maximum. Mais le président ne peut pas décider seul : il faut une loi du Congrès national, votée après justification des circonstances et de l’échec du recrutement volontaire.
Ce mécanisme reste donc purement théorique. Il n’équivaut ni à l’existence d’un service obligatoire actuellement, ni à une convocation de ce type pour septembre 2026. Chaque force, armée de terre, marine et force aérienne, détermine elle-même quand incorporer des volontaires et en quel nombre, selon la planification de la Défense. Dans la force aérienne, il est même possible de renouveler son engagement jusqu’à 28 ans.








