L’Inde se trouve en pleine réorganisation de sa défense aérienne. En organisant le salon international de l’aéronautique, Aero India, elle se positionne sur la scène mondiale des technologies militaires avancées, soulignant sa modernisation militaire. Ce rendez-vous permet d’examiner de près les options en matière d’avions de chasse de 5e génération, un enjeu majeur pour moderniser sa flotte.
Le salon Aero India, une rencontre inédite
Depuis le 10 février, la base aérienne de Yelahanka en Inde accueille un face-à-face surprenant entre deux poids lourds de l’aviation militaire : le Su-57 Felon russe et le F-35 américain. Ces deux appareils, symbolisant respectivement l’Est et l’Ouest, alimentent d’intenses tensions aériennes. Les vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux montrent bien l’ampleur de l’événement.
L’Inde veut booster sa flotte avec des avions qui réunissent des caractéristiques comme une bonne puissance moteur et la furtivité. Depuis 2003, des négociations sont en cours avec la Russie pour adapter le Su-57 aux normes locales, même si un incendie en 2014 sur un prototype a mis ces discussions sur pause.
Des relations épineuses avec les États-Unis
Les États-Unis n’ont jamais donné leur feu vert pour vendre le F-35 à l’Inde. Plusieurs raisons compliquent ce lien, notamment parce que l’Inde utilise déjà des technologies russes, comme le système S-400 (rappelons que cette situation avait poussé la Turquie hors du programme F-35). Néanmoins, l’Inde continue d’exploiter des avions américains de générations antérieures tout en considérant des alternatives russes.
Face à ces embûches, New Delhi regarde aussi du côté des solutions locales et européennes. Le jet Tejas Mk1 est en cours de déploiement et la version Tejas Mk2 pourrait être commercialisée entre 2028 et 2035. Parallèlement, Dassault Aviation envisage de lancer une version 5e génération du Rafale, malgré les performances décevantes précédemment observées.
L’optique stratégique du Su-57
Le choix récent pour le Su-57 russe, plutôt que le F-35 américain, s’explique par plusieurs motifs stratégiques et économiques. Le Premier ministre Narendra Modi a officiellement annoncé ce virage après une période tendue sous l’administration américaine précédente. Le Su-57 se distingue par son coût moins élevé et une maintenance plus simple, tout en affichant sur le papier des capacités létales comparables à celles du F-35.
Historiquement, l’Inde s’est tournée vers Moscou pour ses besoins militaires depuis son indépendance en 1947, profitant d’un important transfert technologique de l’Union soviétique puis de la Russie. Même si certains critiques y voient un point faible, le F-35 ne paraissait pas être une solution envisageable dans ce contexte.
Focus sur le Su-57 : chiffres et caractéristiques
Le développement du Su-57 commence à la fin de l’ère soviétique avec le programme I-90 initié en 1979. Après plusieurs évolutions, Sukhoi décroche en 2002 un contrat qui désigne l’appareil sous le nom de T-50. Le premier vol du prototype a eu lieu en 2010, même si divers soucis techniques l’ont retardé jusqu’à son entrée en service en décembre 2020.
Techniquement, le Su-57 mesure 20,1 mètres de long pour une envergure de 14,1 mètres et peut atteindre une vitesse maximale de Mach 2 grâce à ses moteurs Saturn AL-41F1, qui seront bientôt remplacés par des Izdeliye 30 plus performants. Il dispose également d’un armement sophistiqué, incluant un canon GSh-30-1 et jusqu’à douze points d’emport pour missiles hypersoniques comme le R-37M.
Aero India offre ainsi une occasion unique de comparer de près ces appareils venus d’horizons technologiques différents. Comme l’a souligné Rajnath Singh, le ministre indien de la Défense : « Aero India 2025 donnera à voir une comparaison directe et rare entre des avions de chasse de 5e génération occidentaux et orientaux. »








