Le SETI Institute (Search for Extraterrestrial Intelligence Institute) a récemment mis en avant une étude publiée sur arxiv en août 2026, dirigée par Lewis Pinault, chercheur affilié à l’institut. Sa proposition : fouiller le régolithe, la poussière qui recouvre la surface de la Lune, à la recherche de technosignatures microscopiques. Autrement dit, de minuscules particules issues d’une technologie extraterrestre.
L’étude n’a pas encore été validée par les pairs. Elle est en cours d’évaluation pour publication dans l’International Journal of Astrobiology. Le SETI Institute décrit ces particules comme de minuscules objets conçus, susceptibles d’être arrivées de l’espace interstellaire avant de se déposer sur la Lune.
La démarche s’écarte de l’activité historique du SETI, tournée vers la recherche de signaux radio artificiels. Ici, il s’agit plutôt d’anciennes civilisations qui auraient laissé des traces dans des particules durables, même si elles n’existent plus.
L’étude théorise la trajectoire de ces particules : un voyage d’étoile en étoile, une viabilité sur de longues distances et périodes, une incrustation dans la surface lunaire, puis une détection humaine grâce à l’imagerie assistée par intelligence artificielle, l’analyse des matériaux et la microscopie.
Une archive vieille de 4 milliards d’années
La Lune se prête bien à cet exercice. Sa géologie évolue lentement comparée à celle de la Terre, sans eau courante ni atmosphère substantielle pour brouiller les dépôts. Elle accumule de la poussière depuis environ 4 milliards d’années, peu après la formation du système solaire il y a 4,5 milliards d’années.
Selon Pinault, la Lune accumule des matériaux venus de l’espace depuis des milliards d’années, dont une grande partie serait probablement plus ancienne qu’elle de plusieurs milliards d’années. Il s’est demandé, dans un communiqué, si cette collection ancienne pourrait contenir des traces microscopiques de technologies qui existaient bien avant que les humains ne lèvent les yeux vers le ciel.
Le raisonnement de l’équipe : si des civilisations avancées produisent des débris microscopiques durables, intentionnellement ou comme sous-produit de l’exploration spatiale ou de projets d’ingénierie de grande ampleur, une infime fraction de ces particules pourrait finir par s’incruster dans le régolithe lunaire.
Pour l’instant, aucune trace de ce genre n’a été trouvée. Le SETI Institute précise dans son communiqué que l’étude ne rapporte aucune preuve de technologie extraterrestre, mais qu’elle démontre en revanche que la recherche de ces technosignatures microscopiques est désormais scientifiquement testable.
Les chercheurs comptent démarrer avec environ 1 mètre cube de régolithe lunaire, un volume comparable à celui d’un réfrigérateur. Ils prévoient de mener une série d’investigations avec plusieurs outils pour commencer à fixer des limites sur la quantité de matériau artificiel durable qu’auraient produit des civilisations technologiques au fil de l’histoire de la Voie lactée.
- Deux programmes pourraient fournir la matière première. Le programme Artemis de la NASA, qui prévoit de ramener des astronautes sur la Lune et pourrait permettre un retour d’échantillons, et le programme robotique chinois Chang’e, qui offre déjà des occasions de rapporter du régolithe. La Chine envisage par ailleurs d’envoyer des taïkonautes sur la Lune d’ici 2030.
Bill Diamond, président et directeur général du SETI Institute, a jugé qu’il s’agissait d’une nouvelle façon d’aborder la recherche de preuves de technologie comme indicateur de vie et d’intelligence au-delà du système solaire, se disant enthousiaste à l’idée de mener ce projet à bien.
Même si le premier échantillon ne révèle rien, les chercheurs estiment que le travail garde de la valeur : une nouvelle méthode pour chercher des artefacts extraterrestres, une occasion d’explorer d’autres aspects de la science du système solaire, et un moyen de tester des outils d’analyse indisponibles à l’époque du programme Apollo.








