Détroit d’Ormuz : l’ONU réclame la protection de 6 000 marins bloqués sans eau ni soins

6 000 marins abandonnés en mer, sans eau ni soins, pendant que leurs coques deviennent des refuges pour des espèces invasives prêtes à envahir les océans dès la reprise du trafic. Le détail glaçant à connaître.

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Détroit d'Ormuz : l'ONU réclame la protection de 6 000 marins bloqués sans eau ni soins
Détroit d’Ormuz : l’ONU réclame la protection de 6 000 marins bloqués sans eau ni soins © Armees.com

Le chef des droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk, a réclamé vendredi la protection et l’évacuation des marins toujours immobilisés dans le détroit d’Ormuz. Cet appel a été relayé devant la presse à Genève par Shabia Mantoo, porte-parole du Haut-Commissariat.

Au moins 6 000 marins, à bord d’environ 400 navires, ne peuvent quitter le Golfe en toute sécurité, selon l’Organisation maritime internationale. Un chiffre que le Haut-Commissariat juge lui-même incomplet : de nombreux autres marins resteraient portés disparus à bord de navires plus petits, ou n’auraient tout simplement pas encore été localisés.

Un plan d’évacuation resté sans effet

Ces marins n’ont pas pu quitter la zone pendant le cessez-le-feu, dans le cadre d’un plan qui devait pourtant faire sortir environ 11 000 personnes bloquées dans le Golfe.

Certains ont même été abandonnés en mer par leurs propres armateurs, sans assistance ni possibilité de rapatriement, parfois sans même avoir touché les salaires dus. « Nous avons connaissance d’au moins neuf navires, comptant 93 membres d’équipage, abandonnés par leurs propriétaires dans le détroit d’Ormuz depuis le début de la guerre », a précisé Shabia Mantoo.

Ces hommes se retrouvent sans nourriture, sans eau, sans carburant, sans soins médicaux ni électricité, coupés de tout contact avec leurs familles. Ils restent en outre exposés aux combats. Selon la porte-parole, ils sont confrontés à un isolement et à un confinement prolongés qui font peser un lourd risque sur leur santé physique et mentale.

Un conflit déclenché le 28 février

Cette situation découle des frappes américaines et israéliennes menées le 28 février contre l’Iran. En réponse, Téhéran a bloqué la navigation dans le détroit d’Ormuz, verrou stratégique pour le transport mondial d’hydrocarbures, tandis que Washington imposait de son côté un blocus aux ports iraniens.

L’Iran menace désormais les navires qui s’écarteraient de l’unique itinéraire longeant ses côtes qu’il autorise, et exclut tout retour à la situation d’avant-guerre, période durant laquelle le passage dans le détroit était gratuit.

Le Haut-Commissariat comptabilise à ce jour 17 décès de marins depuis le début du conflit. Sa porte-parole a réclamé la fin immédiate des attaques contre les navires civils, rappelant qu’elles étaient inacceptables et devaient cesser, ces navires étant protégés par le droit international humanitaire.

Elle a également appelé les parties au conflit à « agir sans délai pour permettre un passage sûr aux marins bloqués afin qu’ils puissent être évacués et débarquer en toute sécurité, tout en garantissant l’acheminement des fournitures essentielles ». Le haut-commissaire, lui, s’adresse directement aux États et aux armateurs, les appelant, ainsi que tous les acteurs concernés, à assurer de toute urgence la protection des gens de mer bloqués, notamment en garantissant un accès effectif à l’assistance consulaire, aux fournitures et services essentiels, ainsi qu’en facilitant les évacuations et les rapatriements.

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