Le ministre de la Défense argentin, le général Carlos Presti, a annoncé l’arrivée du premier lot de plus de 10 000 fusils israéliens ARAD-5 et ARAD-7, destinés à remplacer le FAL au sein des Forces armées, rapporte Clarin. L’annonce a eu lieu lors d’une présentation au Régiment d’infanterie Patricios, où des soldats ont fait la démonstration du nouveau système d’armement.
Après 66 ans de service, le FAL entame ainsi sa sortie progressive, un processus que le ministère entend achever sur les deux prochaines années.
Presti a déclaré lors de la cérémonie qu’il y a des moments dans la vie d’un soldat qui sont véritablement exceptionnels, et que celui-ci en est un, car il n’est pas habituel qu’une génération militaire ait le privilège de vivre le changement de son armement individuel.
Le ministre a aussi rappelé qu’un fusil reste en service pendant des décennies et qu’il accompagne la formation, l’entraînement et, dans les circonstances les plus extrêmes de la vie militaire, le combat lui-même.
Les deux modèles, fabriqués par l’entreprise israélienne IWI, se répartissent selon les armées : l’ARAD-5 équipera principalement la Marine, tandis que l’ARAD-7, du même calibre que l’ancien FAL, ira à l’Armée de terre et à l’Armée de l’air. Plus légers et modulaires, conçus sur les architectures des fusils AR-15 et AR-10, ils sont dotés de viseurs électro-optiques à point rouge MEPRO M-5.
Le remplacement doit aussi s’étendre, à terme, aux FAL encore utilisés par le personnel de sécurité et de défense des Forces armées.
Un fusil qui a traversé le Beagle et les Malouines
Le FAL a été intégré à l’Armée argentine en 1958, d’abord avec des exemplaires fabriqués en Belgique, avant que Fabricaciones Militares ne commence à le produire sous licence à Rosario. Il est devenu le fusil standard de l’armée, utilisé aussi par la Marine, l’Armée de l’air et diverses forces de sécurité, et a armé des milliers de jeunes Argentins durant le service militaire obligatoire, supprimé sous la présidence de Carlos Menem.
Le fusil a connu l’épreuve du feu lors du conflit du Beagle en 1978, puis pendant la guerre des Malouines en 1982. Mais son calibre, conçu dans les années 1950, a fini par être jugé trop lourd pour certains besoins de l’infanterie moderne. C’est cette limite qui a poussé les Forces armées à chercher un remplaçant.
Une évaluation menée en 2025
Le choix des ARAD n’est pas tombé du ciel. Une évaluation technico-opérationnelle a été conduite en 2025 par l’État-major interarmées, avec la participation de militaires des trois Forces, qui ont analysé les propositions de huit entreprises d’Argentine, d’Israël, d’Europe et des États-Unis.
Les tests de réception du premier lot se sont achevés à la garnison militaire de Campo de Mayo. En octobre 2026, des spécialistes d’IWI doivent commencer à former le personnel argentin à l’utilisation et à l’entretien des nouveaux fusils. Un second lot est attendu au premier trimestre de 2027.
Reste une question en suspens : celle d’un éventuel transfert de technologie. L’amiral Marcelo Dalle Nogare, chef de l’État-major interarmées, a confirmé que le ministère de la Défense évalue la faisabilité technique et industrielle d’installer une ligne de montage dans le pays.
Le spécialiste Ulises Addamo, dans le cadre du programme Sin Verso, a estimé qu’une fabrication sous licence offrirait un avantage tactique sans précédent, en facilitant l’adaptation de l’armement aux exigences du territoire et la maintenance du cycle de vie des systèmes. Le projet s’articulerait avec le développement, par Fabricaciones Militares, d’une production massive de munitions.
L’achat du premier lot serait multimillionnaire, mais le contrat reste soumis au secret militaire. Les Forces armées argentines comptent plus de 70 000 hommes sous les armes, répartis entre l’Armée de terre, la Marine et l’Armée de l’air.








