Deux hélicoptères H225M Caracal, immatriculés « AP OLA », ont rejoint la base aérienne 186 de Nouméa-La Tontouta, où ils intègrent l’escadron de transport 52, Tontouta. L’armée de l’Air et de l’Espace (AAE) l’a annoncé le 17 juillet : les appareils mettent fin à cinquante ans de présence du Puma dans le Pacifique sud.
Les deux hélicoptères ont traversé la moitié du globe à bord d’un Antonov An-124, l’un des plus gros avions-cargos du monde. Sorti à la fin des années 1960, le Puma avait effectué son ultime défilé le 14 juillet 2025, un an presque jour pour jour avant l’arrivée de ses remplaçants calédoniens.
L’escadron « Tontouta », lui-même créé il y a cinquante ans, dispose actuellement de trois SA330 Puma et de deux avions CASA CN-235, avec lesquels il assurait la projection, le soutien logistique, l’évacuation sanitaire et l’assistance à la population.
Le retrait définitif des Puma du territoire, confirmé par Opex360, est prévu dans un mois. Il ne s’agira pas d’un basculement brutal : les deux Caracal ne seront pas immédiatement sollicités et remplaceront progressivement les trois appareils actuels.
Une flotte vieillissante et difficile à maintenir en état
Le remplacement répond à un problème connu depuis plusieurs années. En juillet 2022, devant les parlementaires, le général Frédéric Parisot, alors numéro deux de l’AAE, avait résumé la situation sans détour : « À l’aéroport international de Nouméa-Tontouta, nous avons de la chance lorsqu’un Puma est disponible sur les trois dont nous disposons. Je rappelle que la moyenne d’âge de la flotte Puma est de quarante-trois ans. »
Les deux Caracal calédoniens font partie d’un lot de huit H225M commandés en 2021 par le ministère des Armées, dans le cadre du plan de soutien à l’aéronautique destiné à une industrie frappée par la crise sanitaire. Le huitième et dernier exemplaire de cette commande, celui qui vient d’être déployé en Nouvelle-Calédonie, a été remis à l’AAE par Airbus Helicopters début juin.
La Direction générale de l’armement (DGA) a confirmé cette livraison dans un communiqué publié le 14 juin, décrivant un appareil moderne et optimisé pour effectuer des missions de recherche et de sauvetage au combat, de transport tactique ou d’évacuation sanitaire de jour comme de nuit. Avec ces huit nouveaux exemplaires, l’AAE portera sa flotte de Caracal à 27 appareils, contre 26 jusqu’ici.
Le « AP OLA » embarque un cockpit à quatre écrans multifonctions de 10 x 8 pouces, un système de navigation GPS CMA5024, de nouvelles radios et des treuils électriques modernisés, ainsi que deux phares orientables, blanc et infrarouge, pour les opérations nocturnes.
Il dispose aussi d’une perche de ravitaillement en vol compatible avec l’A400M Atlas, qui lui confère la meilleure allonge de sa catégorie. Selon l’AAE, ce rayon d’action étendu permettra d’intervenir sur l’ensemble du territoire sans ravitaillement intermédiaire, contrairement au Puma.
Sa capacité d’emport, plus généreuse, offre également davantage de souplesse pour les missions de transport, de secours et de soutien, précise l’armée dans son communiqué du 17 juillet.








