La défense maritime française franchit une nouvelle étape avec le lancement du programme des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de troisième génération, appelé S3G ou SNLE 3G. Selon actu.fr, ce projet, maintenant entré en phase industrielle sur le site de Naval Group à Cherbourg, marque un tournant dans la modernisation des capacités nucléaires stratégiques françaises.
Une ambition sur le long terme
Le projet a été lancé officiellement en 2021 par Florence Parly, alors ministre des Armées, soulignant son importance stratégique. Initialement prévu pour une livraison en 2035, le calendrier a été repoussé à 2037, comme l’a indiqué Laurent Espinasse, directeur de la branche « sous-marins » chez Naval Group. Ce report aligne la mise en service du premier SNLE 3G avec le 40e anniversaire du premier sous-marin de la classe Triomphant.
La production devrait s’étaler sur près de 30 ans, avec une implication industrielle importante jusqu’en 2050, date à laquelle le dernier sous-marin de cette classe devrait quitter les chantiers. Les futurs SNLE 3G seront imposants : plus de 150 mètres de long pour un diamètre de 12,5 mètres, et un déplacement en plongée de 15 000 tonnes, ce qui les place au-dessus des capacités du célèbre sous-marin Redoutable. Parmi les nouveautés, l’intégration du missile M51.4 en fait un élément central de la dissuasion, chaque unité pouvant embarquer jusqu’à 10 têtes nucléaires.
L’ingénierie française à l’œuvre
Plus de 400 entreprises françaises sont mobilisées, apportant un ensemble de 400 compétences réparties sur le territoire. Naval Group, en partenariat avec TechnicAtome, coordonne cet effort industriel considérable, qui représente 100 millions d’heures d’activité sur les trois prochaines décennies. Le projet devrait générer environ 3 000 emplois directs hautement qualifiés, participant à la dynamique économique et technologique du pays.
La Direction générale de l’Armement assure la maîtrise d’ouvrage de ce programme sensible, dont le coût reste confidentiel. À titre de repère historique, chaque unité du précédent SNLE Le Triomphant a coûté environ 4 milliards d’euros.
Comment on choisit les noms
Le nom des nouveaux sous-marins a son importance. Nicolas Vaujour, chef d’état-major de la marine, précise que ces appellations sont décidées après une étude approfondie menée par des historiens de la Marine. Le processus comporte plusieurs étapes, jusqu’à la validation par le chef d’état-major des armées et, pour les bâtiments les plus prestigieux comme les SNLE, par le président de la République lui-même.
L’année 2037, qui marque la livraison du premier SNLE 3G, s’inscrit dans la stratégie de remplacement progressif de la classe Triomphant. Les quatre SNLE de nouvelle génération seront mis en service de façon à désarmer progressivement les plus anciens, assurant ainsi une transition en douceur pour la flotte.








