Le Canada va rejoindre le projet d’avion de combat GCAP (Global Combat Air Programme), porté par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon, en tant que premier pays observateur. L’annonce a été faite un mardi par le ministère britannique de la Défense.
Ce statut ouvre la voie à ce qu’Ottawa devienne à terme membre à part entière du programme. Selon le ministère britannique, il donnera au Canada « une visibilité directe sur le programme GCAP, notamment en ce qui concerne le développement des capacités, la collaboration industrielle et les plans de livraison à long terme ».
Le communiqué britannique précise également que ce statut « ouvre la voie à des discussions sur sa future participation et sa contribution au GCAP ».
Une réunion à Londres au lendemain d’un changement de gouvernement
L’annonce est intervenue après une réunion tenue à Londres entre le nouveau ministre britannique de la Défense, Wes Streeting, et ses homologues japonais Shinjiro Koizumi, italien Guido Crosetto, et canadien David McGuinty. Les quatre pays ont publié un communiqué commun saluant l’arrivée du Canada comme « une étape importante visant à renforcer la coopération entre des alliés de confiance aux valeurs partagées ».
La séquence coïncide avec l’arrivée à Downing Street du travailliste Andy Burnham. Le nouveau Premier ministre britannique, entré en fonctions autour du 20 juillet 2026, s’est félicité de cette arrivée dès le 21 juillet, à peine vingt-quatre heures après sa prise de poste : « L’un des partenariats de défense et industriels les plus ambitieux au monde se trouve encore renforcé par l’accueil du Canada au sein du GCAP, en tant que premier pays observateur. »
Un avion de sixième génération attendu pour 2035
Le GCAP vise à développer d’ici 2035 un avion de combat de sixième génération, destiné à remplacer l’Eurofighter Typhoon pour l’Italie et le Royaume-Uni, ainsi que le Mitsubishi F-2 pour le Japon. Le programme repose sur une coentreprise entre l’italien Leonardo, le britannique BAE Systems et le japonais JAIEC, baptisée Edgewing, qui vient de se voir notifier un contrat de 5,3 milliards d’euros lançant la phase de conception détaillée et de développement.
Début juillet 2026, les trois pays partenaires avaient déjà signé avec Edgewing un contrat de 4,6 milliards de livres pour financer les prochaines étapes. Londres s’est par ailleurs engagé à mobiliser 8,6 milliards de livres sur quatre ans dans le cadre de son plan d’investissement à dix ans dans la défense.
En parallèle, Rolls-Royce, Avio Aero et IHI Corporation ont annoncé, au salon aéronautique de Farnborough, que les essais au sol du démonstrateur du moteur destiné au GCAP allaient débuter très prochainement. Les trois industriels y voient un outil permettant de tester et d’affiner les processus, les outils et les méthodes de travail, contribuant à raccourcir le cycle de conception du programme.
Dès le départ, Londres, Rome et Tokyo se sont dits ouverts à ce que d’autres pays rejoignent ce projet coûteux. Le mois de juin 2026, le patron de Leonardo, Laurenzo Mariani, s’était même dit favorable, dans un entretien au Financial Times, à une entrée de l’Allemagne dans le programme, une ouverture qui intervient après l’abandon du projet concurrent franco-germano-espagnol Scaf.
Cette position n’est pas nécessairement partagée par Tokyo, qui tient au respect des échéances. Marco Zoff, PDG d’Edgewing, a exprimé sa confiance dans la capacité du programme à s’adapter sans dérailler du calendrier, des propos rapportés par l’agence Reuters : « Il y a tellement de pression et de directives de la part de nos trois gouvernements pour que le calendrier soit strictement tenu et pour que les résultats soient au rendez-vous que je pense que nous trouverons un moyen de nous adapter. »








