Le ministre belge de la Défense, Theo Francken, a annoncé dimanche que des industriels internationaux seraient sollicités pour répondre au besoin de la marine belge en nouvelles frégates. D’après Opex360, une lettre devait partir le lundi 20 juillet vers plusieurs constructeurs, avec une demande de propositions alternatives. Les pays visés : l’Espagne, la France, l’Allemagne, l’Italie et la Turquie, dont le ministre a salué la qualité de l’industrie militaire.
Cette démarche prend la forme d’une procédure de demande d’informations, adressée entre autres à Fincantieri en Italie, Naval Group en France, TKMS et NVL en Allemagne, et Navantia en Espagne. « Je vais me renseigner […] pour voir quelles sont les options », a expliqué le ministre, qui entend trancher en octobre sur la poursuite ou non du programme mené avec les Pays-Bas.
Un programme entaché de retards et de surcoûts
Ce programme, baptisé ASWF pour Anti-Submarine Warfare Frigate, a été lancé conjointement avec les Pays-Bas en 2023 pour donner naissance à une classe commune de frégates : deux à quatre unités pour la marine néerlandaise, deux à trois pour la marine belge, confiées au groupe néerlandais Damen associé à Thales Nederland.
Le design initial (145 mètres sur 17, pour 6 400 tonnes à pleine charge) s’est révélé trop étroit pour accueillir les équipements prévus. Il a fallu allonger la coque de 7 mètres et l’élargir de 50 centimètres, faisant grimper le tonnage à plus de 7 000 tonnes.
Ces retouches ont un prix. Selon le quotidien De Morgen, le coût d’un navire serait passé de 600 millions à un milliard d’euros. La livraison de la première unité belge a glissé de 2030 à 2033 au plus tôt. Devant le Parlement en décembre, Francken avait déjà évoqué « la complexité de la conception » et « l’intégration accrue de l’ingénierie complémentaire du système », qui nécessite une adaptation de la coque.
As the ASWF program is in great difficulty, Belgium risks finding itself without a frigate for several years,the ASWF program is experiencing great difficulties,the cost of a ship having increased, according to the daily De Morgen, from 600 million to 1 billion euros. pic.twitter.com/1qMi1WoqaX
— Valhalla (@ELMObrokenWings) May 23, 2026
Le 19 juillet, dans un entretien à la chaîne VTM, il s’est montré plus tranchant, estimant que les délais de livraison et les prix partaient complètement dans la mauvaise direction et que ce n’était pas acceptable pour la Belgique.
Le ministre n’exclut pas de poursuivre avec Amsterdam. Il a précisé sur VTM que, si c’était possible, la Belgique continuerait avec les Néerlandais, rappelant qu’ils avaient une longue tradition commune et qu’il était préférable de travailler sur la même plateforme, mais que si cela devait se faire dans les conditions actuelles, avec un prix qui avait doublé et un timing catastrophique, cela posait un problème. Les discussions avec les autorités néerlandaises se poursuivent en parallèle de la procédure lancée auprès des autres constructeurs.
L’urgence tient aussi à l’état de la flotte belge actuelle. Le Leopold Ier et le Louise-Marie, deux ex-unités néerlandaises du type M datant de 1991 achetées d’occasion, ne pourront manifestement pas tenir jusqu’en 2033. Début juillet, le Louise-Marie, déployé aux États-Unis avec le groupe maritime de l’Otan SNMG1 pour les célébrations des 250 ans de l’indépendance américaine, s’est retrouvé immobilisé à New York suite à des problèmes techniques, l’empêchant de participer à la grande parade internationale organisée pour l’événement. Cette déconvenue a fini d’agacer le gouvernement belge sur la question du remplacement des vieilles frégates.








