La Gendarmerie maritime va recevoir 24 vedettes côtières neuves commandées par la Direction générale de l’armement

Deux vedettes perdues à Mayotte, une flotte vieillissante, des délais qui s’allongent jusqu’en 2035… La Gendarmerie maritime mise gros sur ses futures Mousquetaire. Détails d’un programme sous tension.

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La Gendarmerie maritime va recevoir 24 vedettes côtières neuves commandées par la Direction générale de l'armement
La Gendarmerie maritime va recevoir 24 vedettes côtières neuves commandées par la Direction générale de l’armement © Armees.com

La Direction générale de l’armement (DGA) a officiellement notifié le programme VGMAR, qui prévoit la construction de 24 vedettes côtières destinées à la Gendarmerie maritime, confirme Opex360. L’appel d’offres, lancé en février, a été remporté par le chantier naval Couach, basé à Gujan-Mestras, en Gironde, selon une annonce du 8 juillet.

Ces nouveaux bateaux, baptisés classe Mousquetaire, doivent remplacer nombre pour nombre les vedettes côtières de surveillance maritime (VCSM) de type Élorn, en service depuis les années 2000. Sur les 24 unités livrées entre 2003 et 2007 par Raidco Marine et les anciens chantiers CNB de Noirmoutier, seules 21 sont aujourd’hui encore en état de naviguer, ce qui souligne la nécessité de remplacer une flotte vieillissante.

Le programme comprend une tranche ferme de 4 vedettes et cinq tranches optionnelles de 4 unités chacune. Cinq exemplaires seront affectés en outre-mer, en Guyane, à Mayotte et en Nouvelle-Calédonie.

Un dispositif fragilisé par la perte de plusieurs vedettes

Les VCSM Élorn actuelles, des bateaux en composite de 20 mètres pour 43 tonnes à pleine charge, arment une mitrailleuse de 7,62 mm et forment l’ossature de la veille coopérative navale assurée par la Gendarmerie maritime. Cette formation spécialisée de la Gendarmerie nationale, placée pour emploi auprès du chef d’état-major de la Marine, gère la police des établissements de la Marine, la sûreté portuaire, la protection des navires à passagers et la lutte contre les trafics.

Le renouvellement de sa flotte, une petite trentaine de bateaux au total, avait déjà été amorcé en 2019 avec le programme VCSM NG, confié à Socarenam. Mais seulement trois unités, plus grandes (22 x 7 mètres, 70 tonnes), ont finalement été construites : le Maroni, l’Oyapock et l’Aber Ildut.

Pour des raisons de coûts, la série n’a pas été prolongée, malgré le souhait des militaires de disposer d’unités plus imposantes que les Élorn de première génération. Le programme VGMAR est le compromis retenu, avec des vedettes de 21,9 mètres de long pour 5,9 mètres de large.

Ce calendrier tendu s’explique aussi par des pertes récentes. Le Mahury, rapatrié de Guyane à Brest en 2022 pour des problèmes structurels, a été condamné en 2025. Deux autres exemplaires n’ont pas survécu au passage du cyclone Chido à Mayotte, en décembre 2024.

Livraison de la tête de série repoussée à 2029

La première vedette, le Mousquetaire, sera livrée en 2029. Le calendrier initial prévoyait une première livraison en 2027, à raison de quatre unités par an, mais un décalage de deux ans a finalement été acté. Le délai contractuel pour la tête de série est de 30 mois après le lancement des travaux.

La deuxième vedette, première jumelle du Mousquetaire, doit suivre six mois plus tard, avant deux autres exemplaires attendus fin 2029. Les quatre premières unités de la tranche ferme devraient ainsi être opérationnelles fin 2029 ou début 2030. Au rythme annoncé de quatre bateaux par an, l’ensemble des 24 vedettes ne serait livré qu’en 2035, ce qui oblige la Marine nationale et la Gendarmerie maritime à prolonger la vie d’un certain nombre de leurs vedettes actuelles.

Construites en composite selon un design monocoque à semi-déplacement, les Mousquetaire déplaceront 50 tonnes et afficheront un tirant d’eau de 1,45 mètre. Elles seront dessinées avec le bureau d’architecture Mauric et propulsées par deux moteurs diesels de 850 chevaux chacun, pour une vitesse maximale de 23 nœuds, contre 28 pour les Élorn et 25 pour les VCSM NG.

La réduction de puissance permet de gagner du poids sur l’appareil propulsif et de limiter les coûts. Leur autonomie atteindra 600 nautiques à 12 nœuds, avec une capacité de 5 100 litres de gasoil.

L’équipage normal comptera jusqu’à sept marins, la vedette pouvant embarquer dix personnes pour des missions à la journée. Chaque unité disposera d’un semi-rigide de 4,7 mètres sur rampe arrière pour déployer une équipe de visite, d’un canon à eau pour la lutte incendie, d’un radar de navigation et d’un système électro-optique.

La DGA évoque, dans son communiqué, « un système optronique stabilisé très longue portée capable d’opérer le jour, la nuit et au crépuscule ». Les vedettes pourront réaliser, toujours selon la DGA, « des traversées en 3e catégorie selon le règlement de la marine marchande ».

Sur leurs missions, la DGA précise dans son communiqué qu’elles seront « polyvalentes » et qu’elles assureront « des missions de police en mer, de lutte contre les trafics illicites, de protection de l’environnement marin, ainsi que de sauvetage et assistance », dans le cadre de tâches confiées par les préfets maritimes et les délégués du Gouvernement.

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