Le dimanche 21 décembre, lors d’un discours aux troupes à Abou Dhabi, le président Emmanuel Macron a annoncé le lancement officiel de la construction du porte-avions de nouvelle génération de la Marine nationale, nommé PA-NG. Ce projet d’envergure, qui doit remplacer le Charles de Gaulle d’ici 2038, ouvre une nouvelle page pour la défense maritime française. Le PA-NG ne se limite pas à un simple navire : il représente la puissance maritime de la France pour assurer la liberté des mers et la projection stratégique du pays.
Un projet ambitieux et qui s’impose
Ce nouveau porte-avions, prévu pour remplacer le porte-avions inspiré du Charles de Gaulle, sera un géant des mers avec une longueur annoncée de 310 mètres et un déplacement de 78 000 tonnes, bien au-delà des dimensions actuelles du Charles de Gaulle (longueur 261,5 mètres, déplacement 42 000 tonnes), explique BFMTV. Propulsé par l’énergie nucléaire, le PA-NG s’inscrit dans une logique de modernisation similaire au programme Barracuda, garantissant une capacité opérationnelle continue. La ministre des armées, Catherine Vautrin, a confirmé l’entrée en service pour 2038, en insistant sur l’importance de cette capacité dans un monde où les menaces évoluent sans cesse.
Le groupe aérien embarqué comptera environ 40 aéronefs, incluant des Rafale, des avions-radar E-2C Hawkeye, et des hélicoptères NH90, ce qui s’inscrit dans une stratégie pour renforcer la flotte d’avions de chasse. Ces appareils bénéficieront de progrès technologiques, notamment l’adoption de catapultes électromagnétiques EMALS en remplacement des catapultes à vapeur. La précision des lancements d’aéronefs sera renforcée, avec la capacité de propulser un avion de 0 à 250 km/h sur une distance de 75 mètres.
Le calendrier et qui est derrière le projet
Pour mesurer la portée de ce programme, il faut revenir sur sa chronologie. Les premières études ont été lancées en décembre 2020. En 2021, les premières phases d’études ont débuté. D’ici 2024, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et la Direction générale de l’armement (DGA) passeront les commandes d’équipements à long délai d’approvisionnement nécessaires à la propulsion nucléaire. D’ici 2028, la présentation des conclusions d’une étude sur la construction d’un second porte-avions est prévue. En 2029, une étude approfondie examinera la possibilité de prolonger la durée de vie du Charles de Gaulle, en fonction de l’état de ses chaufferies nucléaires et de sa structure.
Plusieurs personnalités et institutions sont impliquées : Emmanuel Macron, l’amiral Nicolas Vaujour (chef d’état-major de la marine), les ministres Jean-Noël Barrot, Catherine Vautrin et Gérald Darmanin, ainsi que la Marine nationale. Le chantier naval de Saint-Nazaire, en France, jouera un rôle central dans la construction, soutenu par 800 fournisseurs qui participeront à ce programme colossal.
Le PA-NG s’inscrit dans une logique visant à maintenir la France parmi les rares pays disposant de capacités aéronavales avancées. À l’échelle internationale, seuls quelques États, dont les États-Unis, la Chine et la France, possèdent actuellement des porte-avions à propulsion nucléaire. Ce projet traduit donc la volonté de rester compétitif sur la scène mondiale.








