La marine espagnole prévoit d’agrandir sa flotte avec un porte-avions identique au Charles de Gaulle

L’Espagne s’engage dans un projet naval audacieux de 25 ans, incluant l’acquisition d’un porte-avions.

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La marine espagnole prévoit d'agrandir sa flotte avec un porte-avions identique au Charles de Gaulle
La marine espagnole prévoit d’agrandir sa flotte avec un porte-avions identique au Charles de Gaulle | Armees.com

La marine espagnole vient de lancer un plan de modernisation super ambitieux qui se déroulera sur les 25 prochaines années. Le projet vise à renforcer sérieusement la puissance maritime du pays, avec en vedette l’achat d’un porte-avions inspiré du modèle français Charles de Gaulle. Alors que certaines marines européennes, comme celle d’Italie, renouvellent leurs équipements, ce plan représente un tournant majeur dans la volonté de l’Espagne de booster ses capacités militaires.

Un plan ambitieux pour l’avenir

Le 25 juin, l’état-major de la marine espagnole a présenté officiellement ce projet de modernisation. Le but est simple : se doter d’un porte-avions à propulsion classique qui puisse rivaliser avec ceux des grandes puissances navales. Ce projet s’inscrit dans une stratégie globale visant à modernisation de la flotte espagnole d’ici 2050.

À l’heure actuelle, la marine exploite le porte-aéronefs Juan Carlos I et dispose d’une douzaine d’avions EAV-8B Harrier II, surnommés « Matador ». Ces appareils, qui commencent à montrer leur âge, devront être remplacés avant 2030, le F-35B de Lockheed Martin étant le seul successeur envisageable. Toutefois, Madrid n’a pas encore statué définitivement sur cet achat important.

Défis budgétaires et stratégiques

L’Espagne s’est engagée à augmenter ses dépenses de défense pour atteindre 5 % du PIB, en réponse aux exigences des membres l’OTAN. Pourtant, le Premier ministre Pedro Sanchez a indiqué que, pour l’instant, ces dépenses resteront à 2,1 % du PIB – une décision qui a fait réagir, notamment Donald Trump.

Parmi les ambitions de la marine figure aussi la construction d’un futur porte-avions configuré en CATOBAR, capable d’accueillir jusqu’à une trentaine d’avions de combat, ce qui pourrait inclure des opérations navales avec des drones. Même si le type exact de catapultes (à vapeur ou électromagnétiques EMALS) n’est pas encore défini, ce navire devrait avoir un tonnage proche de celui du Charles de Gaulle, soit environ 42 000 tonnes.

Options et collaborations internationales

Pour mener à bien ce projet très ambitieux, des études de faisabilité ont été confiées à Navantia. Parallèlement, la marine envisage l’acquisition d’un deuxième porte-aéronefs du type Juan Carlos I et doit également réfléchir au remplacement des appareils AV-8B Matador. Concernant les avions qui pourraient opérer à bord du futur porte-avions, plusieurs options sont sur la table :

  • le Rafale Marine
  • le F-35C
  • ou même une version embarquée du SCAF (Système de Combat Aérien du Futur), bien que le développement de ce dernier reste incertain.

Comme l’Espagne n’a jamais possédé de porte-avions en configuration CATOBAR, elle devra relever plusieurs défis logistiques. La formation des pilotes pour manier ces nouveaux engins sera un point sensible. De plus, Navantia n’a pas encore l’expérience dans la construction de navires d’une telle complexité. Pour combler ce manque, une coopération avec les États-Unis et la France est envisagée. Une collaboration avec la Turquie pourrait également voir le jour dans le cadre du programme MUGEN pour développer un porte-avions en configuration STOBAR (Short Take-Off But Arrested Recovery) d’environ 60 000 tonnes.

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