Les Marines américains misent sur les drones pour ravitailler leurs troupes en zone de guerre : « on ne peut plus envoyer des convois à découvert »

Les Marines réinventent leur logistique avec des drones autonomes, promettant des opérations plus sûres et efficaces.

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Les Marines américains misent sur les drones pour ravitailler leurs troupes en zone de guerre : « on ne peut plus envoyer des convois à découvert »
Les Marines américains misent sur les drones pour ravitailler leurs troupes en zone de guerre : « on ne peut plus envoyer des convois à découvert » © Armees.com

La logistique militaire change grâce à de nouvelles technologies qui répondent aux défis d’aujourd’hui. Parmi ces innovations, le programme MARV-EL du US Marine Corps (USMC) veut repenser le ravitaillement en développant des solutions logistiques autonomes de poids moyen. Ces nouvelles plates-formes doivent pouvoir fonctionner dans des environnements contestés, ce qui souligne le besoin de technologies de pointe pour les opérations militaires modernes.

Des opérations et des objectifs qui évoluent

Depuis décembre 2011, le US Marine Corps s’était déjà fait remarquer pour sa logistique aérienne en Afghanistan, rappelle Zone Militaire. Le défi était de ravitailler des avant-postes dans les montagnes afghanes tout en évitant les embuscades et les engins explosifs improvisés. Pour cela, les K-MAX UAS, fabriqués par Kaman et Lockheed Martin, ont livré environ 500 tonnes de fret sur 230 sorties vers des positions avancées du sud afghan. Ces drones ont montré une fiabilité impressionnante, leur maintenance était simple et leur exploitation relativement peu coûteuse. Malgré ces résultats, l’expérience K-MAX UAS n’a pas été poursuivie, surtout parce que les besoins en zones contestées ont évolué et demandent des capacités plus robustes.

Avec le changement d’objectifs stratégiques, les Marines se préparent à des situations potentiellement conflictuelles dans le Pacifique, où opérer dans des zones contestées est devenu primordial, nécessitant des drones militaires plus avancés.

MARV-EL : repenser le ravitaillement sans pilote

Le programme MARV-EL, piloté par le Commandement des systèmes aériens navals (NAVAIR), vise à développer une capacité de ravitaillement de poids moyen, pratique et sûre, utilisable en terrains difficiles. Le projet cherche à « combler un vide capacitaire entre les drones tactiques légers et les avions de transport », en ciblant des environnements imprévisibles et risqués. Grâce à MARV-EL, les opérations logistiques pourront partir de bases sommaires, de ponts de navires ou de zones non aménagées, ce qui réduit les risques pour le personnel.

Pour atteindre ces objectifs, deux solutions ont été retenues pour la phase 2 du programme. Le 28 avril (même si la date précise n’est pas fournie), des contrats ont été annoncés pour le développement de deux prototypes distincts.

Near Earth et Bell 505 : une approche innovante

Un contrat de 13 800 000 € a été attribué à Near Earth pour concevoir un prototype d’aéronef logistique autonome basé sur l’hélicoptère Bell 505. Avec le soutien de Bell Textron, Moog Inc. et XP Services, cette solution intégrera le logiciel Captain de Near Earth. Lyle Chamberlain, directeur technique de Near Earth, explique : « Nous combinons notre logiciel Captain avec la plateforme éprouvée du Bell 505 afin de transporter du fret sans mettre en danger les Marines ». L’objectif est de permettre aux opérateurs de la USMC de lancer et gérer ces missions de manière intuitive.

Sikorsky et R66 TURBINETRUCK : simple et adaptable

L’autre option repose sur un partenariat entre Sikorsky et Robinson Unmanned pour rendre autonome le R66, un hélicoptère monoturbine. Équipée de la technologie MATRIX, financée par la DARPA, cette plate-forme promet de fonctionner efficacement dans des environnements à haut risque. Rich Benton, directeur général de Sikorsky, présente la solution comme « simple, économique et reconfigurable ».

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