L’innovation technologique tient une place centrale dans les stratégies modernes, et l’armée américaine ne fait pas exception. Récemment, plusieurs développements ont été présentés lors d’événements militaires, mettant en avant deux drones militaires originaux. Le drone de récupération conçu par l’équipe d’innovation de la 28e division d’infanterie des États-Unis et le système d’interception acoustique de la société Talon Avionics montrent à quel point le domaine évolue rapidement.
Un projet qui change la donne pour récupérer des drones
L’adjudant‑chef Robert Reed, chef de l’équipe d’innovation de la 28e division d’infanterie, est à l’origine du Projet RED (Recovery Exploitation Drone). Ce drone sans pilote a été pensé pour repérer, récupérer et analyser les drones autonomes ennemis ainsi que leurs données. Il est muni d’un bras robotique et d’une intelligence artificielle avancée, et se veut bien plus qu’un simple outil militaire traditionnel.
Lors du Sommet des combattants de l’aviation de l’armée américaine, Robert Reed a détaillé le projet et la collaboration avec le laboratoire de recherche de l’armée de terre américaine (ARL) pour améliorer la plateforme. Le drone a été qualifié de « révolutionnaire » pour sa capacité à transformer le champ de bataille et pour l’enthousiasme qu’il suscite dans l’industrie.
L’idée du projet est née après une invitation à la première compétition du « Meilleur combattant de drones », qui a eu lieu en février dernier. D’après le média spécialisé Defense One, le Projet RED a été imaginé « autour de quelques verres », signe d’une créativité décontractée chez les concepteurs. Le drone a été salué pendant la compétition pour sa capacité unique à récupérer des drones ennemis, ouvrant la voie à de nouvelles approches en matière de renseignement.
Talon Avionics : un intercepteur qui se guide au son
De son côté, Talon Avionics propose un système de défense basé sur des drones intercepteurs. L’ensemble pèse seulement 700 g avec son tube de lancement et embarque 16 microphones pour un guidage acoustique précis, capable de balayer l’espace aérien dans toutes les directions.
Contrairement au Projet RED, ce système d’interception vise à neutraliser les menaces avant qu’elles n’atteignent leur objectif. Ces développements montrent une approche à plusieurs volets de la lutte antidrones, combinant récupération et interception.
Le MV-75 officiellement baptisé « Cheyenne II »
Autre annonce majeure : le sous‑secrétaire de l’Armée, Mike Obadal, a dévoilé lors du Sommet sur la guerre aérienne de l’aviation à Nashville que le MV-75 portera officiellement le nom de « Cheyenne II ». Cette dénomination s’inscrit dans la tradition de l’Armée de nommer ses appareils d’après des tribus autochtones, en hommage à leur histoire et à leurs contributions.
Le choix du nom vise à rendre hommage à un héritage « forgé dans le conflit », référence au Cheyenne original de l’époque de la guerre du Vietnam. L’annonce a souligné la continuité des valeurs et des engagements de l’Armée dans le développement des futures générations d’appareils.
La collaboration entre l’Armée et Bell‑Textron se poursuit : des prototypes devraient être mis en unité pour essais d’ici la fin de l’année. Le col. Tyler Partridge, commandant de la 101st Combat Aviation Brigade, a évoqué les atouts d’un moteur fixe pour réduire les besoins de maintenance et pour améliorer la fiabilité, un choix technique important pour l’avenir des missions aériennes.








