Un obus de char à 120 mm contre un simple drone : le 5e Régiment de Cuirassiers teste une tactique qui divise les spécialistes de l’armement

Les essais du char Leclerc contre les drones révèlent une innovation militaire surprenante.

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Un obus de char à 120 mm contre un simple drone : le 5e Régiment de Cuirassiers teste une tactique qui divise les spécialistes de l'armement
Un obus de char à 120 mm contre un simple drone : le 5e Régiment de Cuirassiers teste une tactique qui divise les spécialistes de l’armement © Armees.com

Le 5e régiment de cuirassiers, basé aux Émirats Arabes Unis, a mené avec succès des tests pour vérifier la capacité d’un char Leclerc à abattre un drone. Ces essais montrent comment les forces armées françaises adaptent leurs matériels aux menaces modernes, comme les drones de plus en plus présents sur les champs de bataille, dans le cadre de la lutte antidrones.

De l’innovation pour contrer les drones

Le 5e Régiment de Cuirassiers (5e RC), qui fait partie de la 2e Brigade Blindée (2e BB), a prouvé l’efficacité du Leclerc en abattant des drones lors d’une expérimentation baptisée « Tirs LAD XL », conduite dans le désert émirien par l’escadron « Royal Pologne ». Selon BFMTV, l’expérience a validé l’usage de l’obus 120 OEFC, une munition à effet canalisé inspirée du principe américain M1028 Canister, pour neutraliser des cibles volantes. Le tir a été réalisé dans des conditions strictes, volontairement plus difficiles que ce qu’on rencontre en combat.

La modernisation du char Leclerc vise à renforcer sa protection contre plusieurs menaces : les mines, les engins explosifs improvisés, les roquettes et désormais les drones, tout comme l’adaptation des Rafale pour renforcer la défense aérienne.

Ce que ça change dans la tactique militaire

Selon l’état-major de la 2e Brigade Blindée, « fort de son expérience du conflit au Moyen-Orient, le 5e RC a réalisé une innovation doctrinale en adaptant la politique de tir du char Leclerc et de l’obus 120 mm OEFC pour neutraliser des drones. » Cette démarche illustre une nouvelle orientation tactique : des munitions conçues pour le combat urbain sont réutilisées contre des drones, ce qui limite le recours à des missiles bien plus coûteux, comme le missile Mica, en favorisant des alternatives économiques.

Parallèlement aux succès du Leclerc, le 5e Régiment de Dragons (5e RD) a participé à la défense antidrone lors de l’exercice franco-suisse « Zhannibal », en testant une cage antidrone. L’implication du Commandement du combat futur (CCF) de l’armée de Terre souligne l’intérêt pour ces technologies avancées et la nécessité de développer une « trame antidrone d’opportunité » qui complète le système Proteus et les capacités antidrone de l’armée de l’air.

Pour une défense plus agile contre les drones

L’obus 120 OEFC, développé par KNDS France et entré en dotation en 2012, présente des caractéristiques précises : calibre 120 mm, masse 11,5 kg, capacité à projeter un nuage de 1 100 billes en carbure de tungstène à une vitesse de 1 140 m/s, sur une distance pratique d’environ 500 m. Ce dispositif est efficace sur quelques centaines de mètres, mais montre des limites face à certains drones à plus longue portée, notamment ceux massivement utilisés par l’Iran.

Malgré ces limites, l’armée française montre une grande capacité d’adaptation. L’emploi d’hélicoptères Tigre, équipés de canons de 30 mm, a aussi permis d’abattre des drones iraniens, témoignant d’une synergie entre différentes unités et matériels sur le terrain.

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