Face à la montée en puissance des drones kamikazes Shahed, la France a pris des mesures pour renforcer sa défense aérienne dans le cadre de la guerre des drones. Sous l’impulsion du ministère des Armées, l’État a décidé d’adapter ses Rafale, et en particulier le Rafale M1, pour y intégrer une solution anti-drones moins coûteuse et potentiellement efficace.
Adapter le Rafale pour économiser des missiles
La décision d’utiliser le Rafale avec un lance-roquettes vise d’abord à préserver les stocks de missile moins cher, fortement consommés après une utilisation intensive. Le Rafale M1 a été configuré avec un lance-roquettes Telson de 68 mm et une nacelle de ciblage laser Damoclès pour tirer la roquette guidée Aculeus LG. Cette option est présentée comme moins onéreuse que l’emploi du missile MICA.
La roquette Aculeus LG, plus légère (8,8 kg) et d’une portée d’environ 5 km, provient d’une conception initialement prévue pour moderniser l’hélicoptère Tigre. Elle a été réutilisée dans ce rôle anti-drones.
Tests menés à Istres
Les essais de cette configuration ont eu lieu sur la base d’Istres, un site clé pour les essais militaires français. L’information provient d’une publication Facebook d’un ancien employé de Dassault Aviation, relayée par le site Defense Express le lundi 20 avril. Des configurations similaires avaient déjà été employées sur le SMB2 et le Mirage III ; le recours actuel aux Rafales reprend ces approches sous un angle différent. Cette initiative intervient alors que l’hôtel de Brienne discutait de l’adoption de nouvelles mesures depuis novembre 2025, révélant une certaine lenteur dans la prise de décision concernant la flotte d’avions.
Munitions : comparaison et investissements précédents
En comparaison, la roquette FZ275 LGR, fabriquée par la filiale belge de Thales, apparaît comme une alternative plus puissante et déjà testée en Ukraine. Elle est plus lourde (12,7 kg) et offre une portée supérieure d’environ 7 km. Malgré les qualités possibles des FZ275 LGR, le choix de l’Aculeus LG a surpris plusieurs observateurs.
Par ailleurs, la France avait investi auparavant dans sept systèmes anti-drones RapidFire et dans 50 systèmes improvisés basés sur le canon antiaérien 53T2 datant des années 1970 ; cet achat a été repoussé de deux ans.








