Menace grandissante : comment l’armée de l’air se prépare à une guerre des drones

L’armée de l’air et de l’espace intensifie sa lutte contre les drones, avec des technologies innovantes et des alternatives économiques.

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Menace grandissante : comment l’armée de l’air se prépare à une guerre des drones
Menace grandissante : comment l’armée de l’air se prépare à une guerre des drones © Armees.com

Face à l’augmentation des menaces aériennes non conventionnelles, l’armée de l’air et de l’espace française redouble d’efforts pour améliorer ses moyens de défense aérienne contre les drones. Selon le Ministère des Armées, ces dispositifs jouent un rôle déterminant pour protéger les espaces aériens sensibles et assurer la sécurité nationale. Cette initiative s’inscrit dans un plan plus large visant à moderniser le matériel tout en maîtrisant les dépenses d’investissement.

Renforcement des capacités antidrones

L’armée de l’air et de l’espace a récemment boosté ses compétences en matière de lutte anti-drones, multipliant les dispositifs pour mieux contrer les dangers qui se multiplient. Des efforts constants sont ainsi menés sous l’impulsion du chef d’état-major et du major général de l’armée de l’air, le général Dominique Tardif. Mais le général Olivier Poncet du CDAOA, dans son point presse, a mis en avant l’importance de rester modestes face à ces menaces difficiles à anticiper.

Dans ce cadre, la posture permanente de sûreté (PPS) a été ajustée pour intégrer les drones, ce qui permet une mise en action en moins de six heures, comme démontré lors d’une opération au Danemark, comme le précise Jean-Marc Tanguy dans Air & Cosmos. Conçue à l’origine pour contrer les avions russes, cette posture se révèle désormais indispensable pour sécuriser l’espace aérien contre toute sorte d’engins volants.

Technologies avancées et dispositifs spécialisés

Dernièrement, des dispositifs particuliers de sûreté aérienne (DPSA) ont également été déployés lors d’événements majeurs, comme la Coupe du monde de rugby ou le Mondial 2008, avec certains DPSA dédiés à la lutte antidrones. Le système BASSALT (ADP/Hologarde) est ainsi devenu une référence, aussi bien en France qu’à l’étranger. Les bases aériennes à vocation nucléaire (BAVN) disposent des systèmes Parades et Milad, tandis que les fusiliers commandos se servent de fusils brouilleurs efficaces.

Parmi les avancées technologiques, on peut citer un tir laser réalisé à Saint-Denis afin de valider le système avant une cérémonie importante, montrant ainsi l’intérêt pour les armes à énergie dirigée. Les armes à micro-ondes fournies par Thales ont aussi fait leurs preuves. De plus, une étude est en cours pour équiper les avions de roquettes laser, dans le but de réduire le recours aux coûteux missiles MICA IR.

Alternatives économiques aux missiles MICA

Le missile MICA, fabriqué par MBDA, représente un investissement important avec un coût unitaire avoisinant les 1,5 million d’euros. Pour palier à ce coût, l’armée explore l’option des roquettes à guidage laser, notamment l’ACULEUS-LG de Thales, dont le prix est évalué à quelques dizaines de milliers d’euros par unité. Ces roquettes semblent offrir une solution intéressante grâce à leur rapidité et leur précision, même si leur efficacité sur des cibles mouvantes reste à démontrer.

Un rapport récent indique que ces roquettes pourraient être utilisées avec succès pour contrer des essaims de drones grâce à leur coût unitaire réduit et une portée pouvant atteindre 5 000 mètres.

Protection des sites sensibles

La sécurisation des bases aériennes et d’autres sites sensibles bénéficie d’un financement supplémentaire prévu par la loi de programmation militaire augmentée. L’objectif est de garantir une protection permanente contre toute menace éventuelle. La lutte antidrones s’étend aussi aux prisons et aux centrales nucléaires, sous la surveillance des services compétents.

L’armée appuie son action par des systèmes de détection opérant en temps réel ou avec un léger décalage, permettant ainsi une préparation face aux agressions sur ces sites si besoin.

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