Le 9 mai, jour de la célébration de la victoire sur l’Allemagne nazie, a été marqué cette année par une version plus sobre des habituelles festivités sur la puissance militaire russe. Même si l’idée reste de montrer la puissance militaire russe, l’édition a été plus dépouillée : certains blindés et chars d’assaut manquaient à l’appel. En revanche, une annonce majeure a attiré l’attention : la présentation du Geran-5, un nouveau type de missile de croisière qualifié aussi de missile‑drone.
Premier aperçu du Geran-5
Le Geran-5 a fait sa première apparition lors du défilé, mais pas physiquement sur la place Rouge : il a été montré dans une vidéo dévoilant un site de lancement dans la région d’Oryol. Dans cette séquence, le missile est présenté monté sur une catapulte, aux côtés d’autres systèmes militaires russes. Ce mode de révélation illustre une façon moderne de mettre en avant la technologie plutôt que de multiplier les parades de matériel.
Usage et caractéristiques du Geran-5
Ce missile a déjà servi lors de frappes contre l’Ukraine, selon le site spécialisé Defense Express, confirmation apportée par RBC-Ukraine et par les services de renseignement militaire ukrainiens. Visuellement, le Geran-5 rappelle le missile Flamingo, mais en version plus petite : il mesure environ 6 mètres de long pour une envergure d’ailes de 5,5 mètres, donc plus proche d’un petit missile de croisière.
Sur le plan technique, il embarque une ogive de 90 kg. Sa portée est d’environ 1 000 km, propulsé par un moteur à réaction qui lui permet d’atteindre environ 600 km/h. Il présente une certaine polyvalence : il peut aussi emporter des missiles air‑air R-73 à guidage infrarouge, ce qui élargit son champ d’utilisation.
Ce que ça change pour l’armée et les comparaisons
La menace que représente le Geran-5 tient surtout à sa capacité à modifier la donne pour les défenses aériennes, notamment celles de l’Ukraine. Sa fonction première de frappe, combinée à la possibilité d’emporter des missiles air‑air, peut compliquer les interceptions par hélicoptères ou avions de chasse. Des analystes indiquent que si la production en série se développe, la menace pour l’Ukraine pourrait augmenter, mettant à l’épreuve les capacités militaires ukrainiennes.
Comparé aux armes ukrainiennes comme le FP-5 Flamingo, le Geran-5 apparaît comme une tentative de reproduction des technologies ukrainiennes, mais jugée moins performante par certains experts. Oleksandr Kamyshin, conseiller présidentiel ukrainien et ancien ministre des Industries stratégiques, a qualifié le Geran‑5 de « misérable copie » du missile ukrainien.








