Le 6 mai 2026, Le Monde a révélé que Renault aménageait son usine du Mans pour lancer Chorus, un drone militaire développé avec Turgis Gaillard. Désormais, le constructeur ne parle plus seulement de contribution théorique, car un bâtiment est vidé, sécurisé, puis préparé. Toutefois, Renault avance avec prudence, puisque le groupe insiste sur son cœur automobile, tandis que la Direction générale de l’armement pousse une logique nouvelle : fabriquer plus vite, plus simplement, et surtout en France.
Renault transforme Le Mans en atelier pour le drone Chorus
Renault installe la ligne d’assemblage dans le bâtiment « JJ » de son usine mancelle. Ces dernières semaines, une centaine de camions ont vidé cet ancien entrepôt de 5 000 mètres carrés, selon Le Monde6. Après des travaux d’aménagement et de sécurisation, le site doit accueillir Chorus. Les premiers prototypes doivent sortir durant l’été 2026, avant des essais prévus en septembre 2026. « La ligne devrait être opérationnelle fin 2026 », a déclaré un porte-parole de Renault au Monde.
Renault reprend ainsi contact avec un secteur qu’il avait quitté depuis longtemps. Le constructeur avait déjà produit des équipements militaires par le passé, notamment via Renault Trucks Defense, vendue à Volvo en 2001. Pourtant, son retour n’était pas programmé : la DGA a d’abord sollicité Renault après un challenge d’ingénieurs remporté en juillet 2024 pour un robot démineur, puis elle l’a associé au pacte drones aériens de défense lancé en juin 2024.
Renault applique l’usine automobile au drone bas coût
Renault mise sur ce qu’il sait faire : industrialiser, standardiser, réduire les coûts et tenir les cadences. Dans son communiqué du 10 février 2026, Renault Group explique disposer d’un savoir-faire « dans la conception, l’industrialisation et la production en grande série d’objets hautement technologiques ». Grâce au design-to-cost et au design-to-manufacturing, le programme Chorus prévoit une capacité pouvant aller jusqu’à 600 unités par mois en moins de 12 mois, selon le constructeur. Cependant, cette cadence reste une cible industrielle, pas encore une production de combat installée.
Le drone Chorus est pensé comme une munition téléopérée à longue portée, mais aussi comme un vecteur de renseignement. Le Monde évoque un appareil de 8 mètres d’envergure, capable de parcourir plusieurs milliers de kilomètres, tandis que La Tribune décrit un système d’environ 10 mètres d’envergure. Selon Patrick Pailloux, délégué général pour l’armement, « cette munition coûte 120 000 euros ». Ce dernier explique également que l’objectif n’est pas d’en acheter massivement tout de suite, mais de vérifier que Renault pourra produire en volume au moment voulu.
Renault avance prudemment dans le drone militaire
Renault cherche surtout à encadrer politiquement et socialement ce virage. Le groupe affirme que les projets concernés resteront placés sous l’égide du Ministère des Armées, industrialisés en France, réalisés avec des industriels européens, et sans effet sur les investissements automobiles. TF1Info rapporte également que Renault fabriquerait la structure de l’appareil sans charge militaire, l’emploi final étant décidé par la DGA. Le constructeur assemble l’aéronef, tandis que la militarisation relève du cadre fixé par l’État.








