Catapultes américaines, fusils allemands, munitions israéliennes : un rapport révèle que l’armée française ne fabrique presque plus ce qu’elle utilise au combat

La dépendance militaire de la France pourrait coûter cher.

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Catapultes américaines, fusils allemands, munitions israéliennes : un rapport révèle que l'armée française ne fabrique presque plus ce qu'elle utilise au combat
Catapultes américaines, fusils allemands, munitions israéliennes : un rapport révèle que l’armée française ne fabrique presque plus ce qu’elle utilise au combat © Armees.com

Ces dernières années, la France a diversifié ses sources d’approvisionnement pour équiper son armée, profitant des avantages de la mondialisation. Cette stratégie, si elle a fait baisser les coûts, a aussi accru la dépendance du pays à des fournisseurs étrangers pour certains matériels militaires. Ce constat, mis en lumière dans un rapport parlementaire, pose des questions sur la souveraineté militaire française et la nécessité d’une révision stratégique.

Un rapport parlementaire tire la sonnette d’alarme

Les députés François Cormier-Bouligeon et Aurélien Saintoul ont rédigé un rapport de 157 pages qui analyse la disponibilité des équipements et appelle à une prise de conscience rapide, rapporte BFMTV. Pour eux, la dépendance étrangère est « assumée, mais subie », largement dictée par l’avance technologique des États-Unis. Cette dépendance concerne autant des équipements à haute technicité, comme les systèmes de remplacement des lance-roquettes et les avions AWACS, que des matériels plus simples comme les armes légères et les munitions.

La France est particulièrement dépendante des États-Unis, fournisseur clé des systèmes de catapultes à vapeur et électromagnétiques équipant le porte-avions Charles de Gaulle et son successeur, « La France Libre ». La complexité des radars d’AWACS freine aussi une production nationale rapide, poussant la France à se tourner vers des avions suédois GlobalEye de Saab pour moderniser une flotte vieillissante.

Dépendance : ce que ça change pour l’industrie

Le choix d’importer pour réduire les coûts a peu à peu démantelé la capacité nationale à produire certaines armes, comme le fameux FAMAS (fusil d’assaut), aujourd’hui remplacé par le HK416 allemand. La fermeture d’unités industrielles françaises, comme la manufacture d’armes de Saint-Étienne en 2001 et l’usine GIAT du Mans en 1999, a laissé des traces durables. En 2018, la vente de Manurhin à un groupe étranger a encore renforcé cette tendance.

Les fournisseurs étrangers jouent donc un rôle majeur, notamment pour les munitions de 5,56 mm fournies par Eli Systems d’Israël, ce qui pose des risques politiques si les relations diplomatiques se tendent. Comme le souligne Aurélien Saintoul, même si la qualité des munitions israéliennes est reconnue, les implications politiques d’une telle dépendance ne peuvent être ignorées.

Les mesures pour reprendre la main

Face à cette situation, d’anciens responsables ministériels comme Sébastien Lecornu se mobilisent pour reconstruire une filière nationale des munitions, soutenue par une loi de programmation militaire (LPM) qui prévoit un ajout de 8,5 milliards d’euros au budget de la Défense. Le projet « France Munitions » vise à relocaliser la capacité de production pour retrouver la souveraineté française sur ses équipements militaires.

Malgré les critiques sur l’insuffisance des réponses de l’État, les rapporteurs préconisent la création d’un fonds souverain pour injecter massivement des capitaux dans l’industrie de défense française. Ce fonds devrait s’appuyer sur l’épargne des Français, garantissant un investissement rapide et durable.

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