Les lance-roquettes unitaires (LRU) de l’armée de Terre française vont bientôt disparaître, et la question se pose : par quoi les remplacer ? Ce matériel, clé de la capacité de frappe de l’armée, sera obsolète en 2027, et les solutions envisagées doivent satisfaire des exigences techniques et stratégiques. Cette problématique arrive alors que le conflit en Ukraine montre l’importance des systèmes d’artillerie modernes, tout en soulevant des questions sur la dépendance aux munitions sous licence américaine, nécessitant des solutions intermédiaires.
Défis et pistes à l’étude
Le rapport parlementaire du printemps 2025 a mit en lumière le risque d’une rupture dans la continuité de la capacité de frappe française, soulignant la nécessité de moderniser les systèmes anti-aériens. Ce risque est amplifié par le retard du programme national de frappe longue portée terrestre (FLP-T), lancé en 2023. Ce programme devait assurer la pérennité de l’arsenal français, mais son décalage rend urgente la recherche de solutions intermédiaires, rapporte Capital.
Parmi les systèmes envisagés pour combler la lacune, le K239 Chunmoo sud-coréen se présente comme un candidat solide. Il offre une bonne interopérabilité avec des partenaires européens et internationaux, comme le montrent les commandes passées par la Pologne (150 unités), l’Estonie et la validation récente par la Norvège pour 16 lanceurs. L’option d’une location auprès de la Pologne est même à l’étude.
L’HIMARS américain et le PULS, fruit d’un développement israélien-allemand, sont aussi dans la course. Chacun a ses caractéristiques propres, mais la possible dépendance aux licences américaines pour les munitions reste un point de vigilance pour ces alternatives.
Analyse stratégique et enjeux géopolitiques
La situation a été analysée par des experts comme Léo Péria-Peigné de l’Institut français des relations internationales (Ifri). Selon lui, la France dispose de plateformes vieillissantes, ce qui rend nécessaire un déploiement rapide d’une solution temporaire tout en poursuivant le développement du FLP-T. Dans un Moyen-Orient en ébullition, avec des frappes militaires américaines et israéliennes sur l’Iran annoncées le samedi 28 février, la nécessité d’une réponse adaptée est encore plus pressante.
Géopolitiquement, la France a exprimé la volonté de privilégier des systèmes européens. Ce choix pourrait orienter la décision finale concernant le remplacement des LRU, au regard des « facteurs structurellement défavorables » des alternatives non européennes, comme le souligne Léo Péria-Peigné.








