La guerre en Ukraine a favorisé l’apparition de nouvelles technologies militaires. Parmi elles, le Shahed-238, un drone dopé à réaction d’origine iranienne, représente une évolution notable dans les modes d’attaque. Rapide et peu coûteux, il met à rude épreuve les systèmes de défense aérienne ukrainiens et illustre une tendance vers une guerre industrielle.
D’où il vient, qui le produit et le rôle des États
Le Shahed-238 est conçu en Iran, avec une participation importante de la Russie pour la production sous licence. Cette coopération a permis d’augmenter fortement les capacités de fabrication, avec une estimation de plusieurs centaines de drones produits chaque mois. Le partenariat industriel vise à saturer les défenses ennemies par le nombre.
Cette montée en puissance de la « guerre industrielle » épuise les munitions des défenses ukrainiennes et réduit leur efficacité. Les responsables du renseignement américain et britannique, l’Institute for the Study of War et divers observateurs OSINT ont souligné les effets de cette production massive.
Ce qu’il sait faire et ses spécificités techniques
Le Shahed-238 est propulsé par un micro-turboréacteur dérivé de la famille Toloue, ce qui le distingue du Shahed-136 à hélice. D’après l’Indépendant, sa vitesse est estimée entre 500 km/h et 700 km/h, ce qui complique son interception par la défense aérienne ukrainienne, faute de temps de réaction suffisant.
Sa portée est de 2 000 à 2 500 kilomètres, lui permettant d’atteindre des cibles en profondeur bien au-delà de la ligne de front, comme de grandes villes ou des infrastructures énergétiques. Sa modularité et son coût réduit en font une option économique : chaque drone coûte entre quelques dizaines de milliers d’euros et plus de 100 000 €, contre des missiles sol-air occidentaux qui peuvent valoir plusieurs millions d’euros.
Le drone existe en trois versions, chacune avec ses spécificités :
- une version guidée par GPS/inertiel pour des cibles fixes ;
- une version équipée de capteurs infrarouges et électro-optiques pour viser des cibles à contraste thermique ;
- une variante avec tête chercheuse radar, destinée à la chasse aux radars et aux missions SEAD.
Ce que ça change tactiquement et comment il se compare aux autres systèmes
La force du Shahed-238 tient à sa capacité à saturer et à user les systèmes de défense opposés. Sa rapidité et son faible coût poussent à l’emploi de munitions défensives onéreuses, créant un déséquilibre économique face à cette pluie de drones. L’utilisation massive de ces drones lors de frappes contre les infrastructures ukrainiennes prévues en 2024 et 2025 illustre cette stratégie.
En comparaison, le Shahed-136 à hélice est jugé lent et bruyant, souvent présenté comme une « mobylette » ou un « moustique XXL », tandis que le Shahed-238 est plus rapide et relativement plus discret, malgré un bourdonnement toujours perceptible.








