Un drone militaire naval chargé d’explosifs a été découvert dans une grotte au large de l’île de Leucade, en mer Ionienne, le 8 mai, provoquant des tensions entre la Grèce et l’Ukraine. L’affaire soulève des inquiétudes sur la sécurité maritime en Méditerranée. Représentant un danger potentiel, ce drone a été identifié comme étant de classe Magura, une technologie généralement utilisée par les Ukrainiens en mer Noire, alerte Rfi.
Une pêche qui a tout déclenché
La découverte revient à un pêcheur grec : le fait qu’il ait trouvé l’engin dans une grotte au large de Leucade a rendu l’affaire encore plus surprenante. Les autorités grecques ont rapidement mobilisé les garde-côtes pour récupérer et neutraliser l’engin explosif.
Le ministre grec de la Défense, Nikos Dendias, a qualifié l’incident d’extrêmement grave, affirmant que le drone était ukrainien. Il a aussi averti ses homologues européens de la menace pour la sécurité et la liberté de navigation en Méditerranée. L’incident s’est produit sur un terrain géopolitique déjà tendu, marqué par la guerre en Ukraine, et la présence d’un tel engin si loin de l’Ukraine souligne la complexité possible des opérations militaires en cours.
Réactions diplomatiques divergentes
L’Ukraine a réagi rapidement. Georgiy Tykhy, porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, a dit que le gouvernement ne connaissait pas l’existence de ce drone. Il a insisté sur l’absence de preuve établissant un lien avec des opérateurs ukrainiens, tout en se déclarant prêt à coopérer avec la Grèce pour éclaircir les faits.
Cette affaire ouvre aussi des questions sur la manière dont un tel engin aurait pu être acheminé si loin de l’Ukraine. Étienne Marcuz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique, a évoqué des possibilités d’acheminement maritime ou terrestre, précisant que ces options ne sont pas techniquement difficiles à mettre en œuvre. L’incident met en lumière les risques liés à l’utilisation croissante des technologies militaires modernes en mer.
Ce que ça change sur le plan géopolitique et stratégique
La découverte intervient alors que la Grèce et l’Ukraine avaient annoncé leur intention de collaborer à la production de drones navals, ce qui complique encore les relations bilatérales. Selon l’analyse de Marcuz, ce drone pourrait avoir été destiné à frapper la « flotte fantôme » russe en Méditerranée, étendant ainsi le théâtre des opérations bien au-delà de la mer Noire.
L’événement pousse les États à revoir leurs engagements et leurs stratégies de sécurité régionale dans la région méditerranéenne. Par ailleurs, le ministre grec des Affaires étrangères a réaffirmé à Bruxelles que la Grèce n’autoriserait pas le développement d’activités militaires dans son voisinage immédiat et qu’elle prendrait toutes les mesures nécessaires pour empêcher que la Méditerranée ne devienne une zone d’opérations militaires.








