Pourquoi la Russie et l’Ukraine tirent sur des drones fantômes : les militaires confirment que ces cibles n’existent même pas encore

Les deux belligérants se livrent à une guerre préventive sur des drones qui n’existent même pas encore.

Publié le
Lecture : 2 min
Pourquoi la Russie et l'Ukraine tirent sur des drones fantômes : les militaires confirment que ces cibles n'existent même pas encore
Pourquoi la Russie et l’Ukraine tirent sur des drones fantômes : les militaires confirment que ces cibles n’existent même pas encore © Armees.com

Depuis le début des hostilités entre la Russie et l’Ukraine, les drones russes occupent une place centrale sur le champ de bataille. Cette omniprésence pousse les deux camps à adopter une approche offensive inédite : frapper les infrastructures de production et d’approvisionnement de drones avant même leur mise en service, alerte le magazine Geo. Sur les quatre dernières années de guerre (2022-2026), cela montre la radicalisation du conflit et ses répercussions sur la technologie militaire.

Des attaques ciblées sur l’industrie des drones

Face à l’importance croissante de modèles comme les Molniya, Orion, Shahed, Liutyi, et FPV, les deux pays ont lancé une sorte de guerre préventive pour freiner l’industrie des drones. Concrètement, ça se traduit par des frappes contre les chaînes d’assemblage, les stocks et les sites de lancement.

Incursions ukrainiennes sur le sol russe

Le 19 avril 2026, l’Ukraine a lancé une frappe de missiles de croisière Neptune sur l’usine Atlant Aero à Taganrog dans l’oblast de Rostov, en Russie. D’autres installations ont été visées, comme le centre spécial BARS‑Sarmat dans l’oblast occupé de Zaporijjia. L’usine Progress, dans l’oblast de Tambov, a subi plusieurs attaques en raison de sa production de capteurs et de composants électroniques. Enfin, la zone économique spéciale d’Alabouga au Tatarstan a aussi essuyé des frappes au cours du mois d’avril et début mai 2026.

La riposte russe

Entre le 25 avril et le 1er mai 2026, la Russie a revendiqué six frappes de drones longue portée visant des installations d’assemblage, de stockage et de lancement de drones d’attaque ukrainiens. Le ministère russe de la Défense affirme que ces cibles ont été repérées grâce à divers moyens : analyse des habitudes de vie, images satellites et sources humaines. L’objectif affiché est de ralentir la production et de réduire le nombre de drones disponibles pour l’Ukraine.

Et l’Europe dans tout ça ?

La Russie a aussi menacé d’attaquer directement des sites européens liés à la production de drones, selon une déclaration du ministère de la Défense russe publiée le 15 avril sur la plateforme X par Dmitri Medvedev, vice‑président du Conseil de sécurité de la Russie. Les menaces citent des usines situées au Royaume‑Uni, en Allemagne, au Danemark, en Lettonie, en Lituanie, aux Pays‑Bas, en Pologne, et en République tchèque. Des sites de fabrication de composants en Espagne, en Italie, en République tchèque, en Israël, et en Turquie ont aussi été mentionnés.

Réactions et enjeux géopolitiques

Cette montée des tensions n’a pas laissé les gouvernements européens indifférents. Friedrich Merz, chancelier allemand, a confirmé un accord stratégique le 14 avril pour créer une coentreprise Allemagne, Ukraine destinée à produire « des milliers de drones ». Les Pays‑Bas ont débloqué 248 millions d’euros pour soutenir ces efforts, et l’Allemagne promet des investissements de plusieurs centaines de millions d’euros. Parallèlement, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, pousse avec son projet « Drone Deal » des accords internationaux pour consolider la production de ces technologies.

Laisser un commentaire

Share to...