L’armée ukrainienne a réalisé une transformation surprenante : un Antonov An-28, à l’origine civil, a été retravaillé pour jouer un rôle offensif. En convertissant cet avion de transport en appareil armé, les forces ukrainiennes maximisent son utilité sur le terrain tout en testant de nouvelles approches de défense et d’interception.
D’un avion civil à un chasseur improvisé
Conçu d’abord pour le transport civil, l’Antonov An-28 a été profondément modifié pour devenir un atout de la défense aérienne ukrainienne, explique Capital. Il est désormais équipé de la mitrailleuse M134, de fabrication américaine, capable de tirer « des milliers de cartouches par minute ». Cet armement le rend redoutable dans certaines missions.
Les marques peintes sur le fuselage ne sont pas que de la déco : elles comptabilisent 213 cibles aériennes revendiquées, un bilan revendiqué impressionnant obtenu après la conversion. Ces symboles soulignent notamment son efficacité contre des drones, principalement russes. On y trouve des inscriptions représentant des drones comme « Shahed » et « Gerbera ».
Il peut aussi larguer des intercepteurs
En plus de la M134, l’An-28 peut embarquer des drones intercepteurs, fabriqués par la société ukrainienne SkyFall. L’appareil dispose d’au moins trois points d’emport sur chaque aile, ce qui lui permet de transporter jusqu’à six drones intercepteurs au total.
Les marquages sur l’avion documentent des interceptions réussies réalisées avec ces drones, ce qui renforce le rôle multitâche de ce système armé. La façon dont il opère est coordonnée : des contrôleurs guident l’avion vers les cibles pendant que l’équipage les repère visuellement, puis intervient avec la mitrailleuse M134 et les P1-SUN.
Une option moins chère pour la défense anti-aérienne
Un point majeur de cette évolution tient à son volet financier. L’interception coûte environ 460 €, ce qui reste bien inférieur au recours à des missiles sol-air classiques, dont le prix peut grimper à plusieurs centaines de milliers, voire des millions d’euros. Sur le plan budgétaire, le dispositif An-28 est « bien plus intéressant financièrement pour l’armée ukrainienne » et diminue la dépendance aux systèmes antiaériens coûteux, illustrant une défense économique.
Cette adaptation illustre comment la nécessité pousse à l’ingéniosité sur le champ de bataille : optimiser les coûts tout en augmentant l’efficacité opérationnelle est une manière de s’ajuster face aux contraintes actuelles.
D’autres méthodes et technologies utilisées
La situation militaire actuelle en Ukraine a conduit à l’emploi de moyens techniques variés pour contrer les menaces aériennes. Par exemple, le 6 mai, un garde-frontière ukrainien a utilisé un fusil anti-drone pour abattre un drone à voilure fixe Molniya. Sans tirer avec des armes classiques, il a envoyé des signaux radiofréquences puissants pour couper la liaison entre le drone et son pilote.








