En 2023, l’actualité aéronautique a basculé quand le Pentagone a refusé de prendre livraison de plusieurs dizaines de F-35 flambant neufs. Ce revirement est arrivé au moment où les ventes du constructeur français Dassault Aviation montent en flèche, le Rafale séduisant de plus en plus de pays. Cette dynamique oblige à se poser des questions sur l’état de l’industrie militaire mondiale, la dépendance technologique et les enjeux géopolitiques.
Les déboires des F-35 : technologie et retards
En 2023, le Pentagone a cloué au sol 32 F-35 neufs, pointant des lacunes technologiques comme motif principal, rapporte RTL. Les logiciels embarqués conçus par Lockheed Martin n’étaient pas finalisés, ce qui rendait l’appareil inutilisable en mission de combat. En cause : le standard Block 4 et le volet matériel Technology Refresh 3 (TR-3), qui ont provoqué de sérieux retards et des dépassements budgétaires selon des audits du Congrès américain. Le surcoût est évalué à 27,6 milliards d’euros, ce qui pèse lourd financièrement.
D’autres problèmes techniques ont empiré la situation. On parle notamment d’un échauffement excessif de l’architecture informatique et d’effets sur le réacteur Pratt & Whitney F135, qui réduiraient sa durée de vie. Dès 2021, des inquiétudes avaient été soulevées par l’US Air Force sur les moteurs F-135, complétées par un rapport du Government Accountability Office (GAO) signalant une pénurie liée à de longues réparations.
Le Rafale gagne du terrain à l’international
Face aux soucis du F-35, le Rafale de Dassault Aviation voit sa cote monter à l’étranger. Des pays comme l’Inde, l’Indonésie et les Émirats arabes unis ont choisi cet avion pour renforcer leurs forces aériennes. L’Inde, par exemple, a finalisé la commande de 26 Rafale supplémentaires pour sa marine, tandis que l’Indonésie a reçu ses premiers appareils. La coopération avec Thales pour le système de guerre électronique SPECTRA renforce l’attraction du Rafale, notamment parce qu’il offre une indépendance opérationnelle.
Le Rafale se distingue par sa capacité du Rafale, avec des capacités éprouvées au-dessus du Mali, de la Libye et de la Syrie. Ce bilan opérationnel plaît aux pays qui veulent garder une autonomie stratégique sans dépendre de chaînes logistiques américaines comme ALIS (rebaptisé ODIN). Sa philosophie tactique, axée sur la guerre électronique active et l’optronique, lui donne un avantage sur le terrain.
Coûts et performances : Rafale vs F-35
À l’achat, le Rafale tourne autour de 92 millions d’euros, contre des F-35 dont le prix catalogue varie entre 73,6 et 101,2 millions d’euros. Mais le coût à l’heure change la donne : le Rafale est estimé entre 13 800 et 15 180 euros/heure, beaucoup moins cher que le F-35, évalué entre 36 800 et 46 000 euros/heure. Sur la durée, cette différence pèse fortement sur les budgets.
La disponibilité opérationnelle est un autre critère majeur où le Rafale prend l’avantage. Grâce à une maintenance conditionnelle efficace, il affiche une haute disponibilité. Le F-35, lui, traîne des performances plus faibles : la version B a montré un taux de disponibilité critique de 15,3 % lors de déploiements maritimes avec le Marine Corps.








