Pourquoi la disparition soudaine de 2 080 Tomahawk force la Marine à prolonger des sous-marins Ohio vieillissants que personne ne voulait garder

La marine américaine fait face à une réduction alarmante de sa capacité de frappe, avec la perte de 2 080 cellules VLS.

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Pourquoi la disparition soudaine de 2 080 Tomahawk force la Marine à prolonger des sous-marins Ohio vieillissants que personne ne voulait garder
Pourquoi la disparition soudaine de 2 080 Tomahawk force la Marine à prolonger des sous-marins Ohio vieillissants que personne ne voulait garder © Armees.com

La flotte sous-marine de la marine américaine est en train d’atteindre un tournant important, à cause de la mise à la retraite programmée de plusieurs bâtiments clés. Un exercice de planification mené en mars 2026 montre qu’un déficit important en capacités de frappe se profile. Ce déficit vient du chevauchement entre les retraites des anciens navires et la mise en service tardive des nouveaux, explique le média 19fortyfive. Ce n’est pas une crise ouverte aujourd’hui, mais c’est clairement préoccupant pour l’avenir de la sécurité maritime des États-Unis.

La flotte et ses capacités de frappe : où ça coince

Les SSGN de classe Ohio sont au cœur du problème. Ce groupe comprend l’USS Ohio, l’USS Michigan, l’USS Florida et l’USS Georgia, tous conçus à l’origine pour des missiles balistiques avant d’être convertis pour lancer des missiles conventionnels. Ensemble, ces sous-marins fournissent 616 cellules VLS pour des missiles Tomahawk, chacun pouvant embarquer 154 missiles Tomahawk.

Parallèlement, 12 croiseurs de classe Ticonderoga totalisent 1 464 cellules VLS. Une fois ces bâtiments retirés, la marine perdra au total 2 080 cellules VLS, une perte massive qui dépasse le nombre total de tubes missiles embarqués par les forces navales alliées.

Face à cette réduction, les Ohio-class se distinguent par leur capacité de frappe et leur endurance opérationnelle. Ils peuvent opérer de façon autonome sans ravitaillement, rester en stationnement longtemps et mener des missions clandestines en convertissant deux de leurs tubes pour l’insertion de forces d’opérations spéciales. Leur capacité à lancer des systèmes non habités et à collecter du renseignement renforce encore leur polyvalence lors d’opérations avancées.

Remplacer les sous-marins : les limites industrielles

Pour compenser les retraites, la marine mise sur les sous-marins de classe Virginia, notamment la variante Block V. Ces nouveaux bâtiments, équipés du Virginia Payload Module, passent de 12 à 40 tubes Tomahawk, mais cela ne suffit pas à reproduire la capacité de salve d’un seul Ohio-class SSGN. Remplacer un SSGN par plusieurs Block V s’avère donc coûteux et complexe sur le plan logistique.

La situation est aggravée par les retards du programme Columbia-class, destiné à remplacer les Ohio pour la dissuasion nucléaire balistique. Avec un budget prévu d’environ 119,6 milliards d’euros pour 12 sous-marins, le programme Columbia accumule des reports de livraisons et des dépassements budgétaires, principalement en raison d’une pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans les chantiers navals américains. Gen. Anthony Cotton, commandant du U.S. Strategic Command, a souligné la nécessité d’élargir la flotte sous-marine au-delà des 12 Columbia prévus, ce qui illustre l’urgence à surmonter ces problèmes industriels.

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