La marine allemande est en plein dossier important avec le programme MKS 180. Au départ, l’idée était d’équiper la flotte de huit frégates polyvalentes de classe F126, mais le chantier accumule des problèmes techniques, financiers et politiques. Le projet vise à donner à l’Allemagne des frégates capables de gérer la défense surface-air, la lutte anti-sous-marine et les frappes antinavires. Pourtant, des obstacles sérieux retardent les livraisons et font monter la facture du projet.
Les dates clés et les problèmes rencontrés
En 2020, le néerlandais Damen avait été choisi comme maître d’œuvre, mais des soucis au niveau des interfaces du logiciel de conception sont apparus. Ces complications empêchent la transmission des plans nécessaires aux chantiers navals, entraînant un retard initial d’au moins quatre ans. Pour anticiper un possible échec, le ministère de la Défense allemand a envisagé de commander quatre frégates MEKO A-200 DEU auprès du constructeur TKMS, en mars.
Le 6 mai, un porte-parole du ministère allemand de la Défense a déclaré : «Les discussions concernant les frégates n’ont pas encore abouti. […] Des consultations approfondies sont en cours avec deux grandes entreprises.» Ce même jour, le projet a aussi été commenté par le Financial Times, qui évoquait un virage possible vers Rheinmetall, à condition que certaines concessions soient accordées.
La facture qui grimpe et les questions financières
Le coût initial du programme F126 était de 8 milliards d’euros, puis il a été révisé à 10 milliards d’euros, avec déjà 2 milliards d’euros dépensés. Aujourd’hui, Rheinmetall propose de reprendre le projet pour 12 milliards d’euros. Si cette offre est acceptée, le programme atteindrait 14 milliards d’euros, en incluant les sommes déjà engagées. Parallèlement, l’achat complémentaire de quatre MEKO A-200 DEU est chiffré à 1 milliard d’euros, ce qui s’ajoute aux dépenses du budget de défense.
La proposition de Rheinmetall comprend une clause d’indexation sur l’inflation, une condition demandée par l’entreprise, mais qui pourrait poser problème pour le ministère allemand.
Qui fait quoi dans l’industrie
Plusieurs acteurs industriels sont impliqués à différents niveaux. Rheinmetall, qui a récemment acquis Naval Vessel Lürssen (NVL), est candidat pour reprendre la direction du projet. D’autres entreprises comme German Naval Yard, Peene Werft, et Blohm+Voss sont chargées respectivement de la proue, de la poupe et de l’assemblage final des frégates. TKMS, pour sa part, pourrait obtenir le contrat pour les frégates MEKO, contribuant ainsi à la modernisation des forces armées.








