L’Allemagne a récemment franchi une étape importante pour renforcer ses capacités militaires, avec une série de décisions budgétaires prises par la commission du Budget de la chambre basse du Parlement allemand, le Bundestag. Ces choix, accompagnés d’une enveloppe financière conséquente, reflètent les priorités sécuritaires du pays.
Grosse enveloppe pour moderniser les forces armées
D’après le média Zone Militaire, le 17 décembre, le Bundestag a autorisé 30 projets d’acquisition d’équipements militaires pour un montant total de 50 milliards d’euros. Cette somme fait partie d’une enveloppe budgétaire annuelle de 87,2 milliards d’euros prévue pour la Bundeswehr l’année prochaine. Par ailleurs, 25,5 milliards d’euros seront prélevés sur un fonds spécial pour financer ces projets.
Sur les douze derniers mois, le Bundestag a débloqué 83 milliards d’euros au total, finançant 103 projets. Parmi les décisions précédentes, en octobre a été approuvée la commande de 20 Eurofighter EF-2000 au standard T5 pour 3,75 milliards d’euros, tandis qu’en novembre des achats de blindés — notamment les Schakal, Luchs 2 et SpähFz NG — ont été autorisés pour environ 8 milliards d’euros.
Des capacités militaires plus variées
Les acquisitions couvrent plusieurs domaines opérationnels. Sur terre, l’Allemagne s’équipe de véhicules de combat d’infanterie supplémentaires comme les Boxer et Puma, et de blindés de transport de troupes de nouvelle génération comme le CAVS. Des systèmes d’artillerie tels que le RCH 155 sont prévus, ainsi qu’une augmentation des munitions destinées à la défense aérienne.
Dans le domaine de l’air, la production en série de la famille de missiles de croisière air-sol Taurus Neo va démarrer. Côté spatial, l’Allemagne prévoit d’allouer environ 35 milliards d’euros d’ici 2030, avec par exemple le satellite radar SPOCK qui coûtera 1,76 milliard d’euros. Ce programme, soutenu par le ministère allemand de la Défense, vise à renforcer les capacités de suivi opérationnel face aux tensions actuelles.
Ce que les drones SeaGuardian changent pour les programmes transnationaux
Un élément notable de ce renforcement est l’achat par la marine allemande de drones MQ-9B SeaGuardian, fournis par le groupe américain General Atomics. Ces appareils sont destinés à des missions de reconnaissance longue portée et à la lutte anti-sous-marine. Associés à 8 avions P-8A Poseidon (dont le premier a récemment été livré), ces drones renforcent la chasse aux sous-marins en utilisant des bouées acoustiques.
Cette acquisition remet en question le projet franco-allemand MAWS, qualifié d' »enterré » après la décision allemande, et soulève des critiques à l’encontre de l’EuroDrone, dirigé par l’Allemagne avec Airbus en coopération avec la France, l’Italie et l’Espagne. Même si l’EuroDrone n’est pas adapté à des engagements de haute intensité, il pourrait rester utile pour des patrouilles maritimes, ce qui suscite déjà l’intérêt du Japon.
Le MQ-9B SeaGuardian offre une endurance de vol de plus de 30 heures et embarque des capteurs avancés comme la boule optronique MX-20, le radar SeaVue, et des bouées acoustiques. Selon General Atomics, il pourrait aussi être équipé du radar à antenne active Seaspray 7500E V2.








