Alors que la donne géopolitique évolue rapidement, la Suède prépare un renforcement de sa flotte. Le contrat de 4,60 milliards d’euros pour la construction de quatre frégates déclenche une vive compétition entre plusieurs industriels de la défense, raconte BFMTV. Ce programme de modernisation, le plus important depuis des décennies pour la marine suédoise, intervient alors que les tensions dans la région de la mer Baltique ne cessent de croître. Chaque groupe candidat espère convaincre Stockholm que son offre est la meilleure.
Un climat géopolitique tendu
En 2021, l’Administration suédoise du matériel de défense, connue sous le nom de Försvarets materielverk (FMV), envisageait au départ de remplacer les corvettes de la classe Visby par cinq nouvelles unités. La dégradation de la situation sécuritaire autour de la Baltique a poussé la FMV à revoir sa copie. Le choix s’est porté sur l’achat de quatre frégates capables de mener des opérations avancées de lutte anti‑sous‑marine et de défense surface‑air. Trois acteurs principaux ont été invités à répondre : Saab/Kockums en partenariat avec le britannique Babcock, l’espagnol Navantia, et le français Naval Group.
Qui propose quoi
Le duo Saab/Babcock présente l’Arrowhead 120, une frégate de 4 650 tonnes et longue de 124 mètres. Elle embarque des systèmes haut de gamme comme le système de gestion de combat Saab 9LV et le radar Sea Giraffe 4A, et peut recevoir des drones ainsi que des hélicoptères NH90 NFH ou MH60 SeaHawk. Côté armement, on retrouve des missiles antinavires RBS-15 et des missiles surface‑air Sea Ceptor/Aster.
Navantia propose la frégate ALFA 4000, sensiblement comparable à l’Arrowhead 120 en capacités. Le constructeur promet la livraison des deux premières unités d’ici 2030, puis des suivantes en 2031, et met en avant l’option ALFA 4000 comme la solution présentant le moins de risques pour la marine suédoise.
De son côté, Naval Group mise sur la frégate de défense et d’intervention (FDI) Amiral Ronarc’h, de 4 500 tonnes pour 122 mètres. Elle est équipée des sonars KingKlip Mk2 et CAPTAS-4, et dispose de missiles Aster, de torpilles MU-90 et de canons automatisés. La FDI Amiral Ronarc’h est actuellement en déploiement de longue durée, ce qui souligne la modernité et la disponibilité immédiate des unités françaises.
Les retombées économiques et industrielles
Les conséquences économiques et industrielles de ce contrat sont lourdes. Le quotidien suédois Dagens Industri attire l’attention sur les possibles répercussions pour l’industrie de la défense du pays, notamment si le choix se porta sur une solution différente de celle du duo Saab/Babcock. Le concept de « coque blanche », évoqué par Emmanuel Chiva, ancien Délégué général pour l’armement, est présenté comme une stratégie d’acquisition innovante visant à réduire les coûts et à optimiser la production, tout en prenant en compte les enjeux de propriété intellectuelle.








