Dans une décision qui va jouer un rôle important pour le renouvellement de la marine polonaise, le suédois Saab a remporté le contrat historique du programme Orka pour la fourniture de sous‑marins, devant le français Naval Group. La bataille pour ce marché, annoncée à plusieurs milliards d’euros, a été très intense pendant plusieurs années. L’objectif de Varsovie était clair : redonner de la vigueur à sa flotte de sous‑marins en s’appuyant sur des technologies de pointe.
Pourquoi la Pologne a choisi Saab
Ouest France confirme que la Pologne a officiellement attribué le marché à Saab, en optant pour le modèle A26 Blekinge. Trois sous‑marins de ce type seront construits en Suède, avec des livraisons étalées entre 2030 et 2038.
Parmi les autres candidats figuraient, outre Naval Group avec son modèle Scorpène, Navantia (Espagne), Hanwha Ocean (Corée du Sud), ThyssenKrupp Marine Systems (Allemagne) et Fincantieri (Italie). La Pologne a pris en compte plusieurs critères, tels que les dates de livraison, le transfert de technologie vers l’industrie polonaise et les options de crédit.
La décision a aussi une dimension politique et diplomatique : les liens régionaux entre la Pologne et la Suède en mer Baltique ont pesé, renforcés par le soutien du Royaume‑Uni, partenaire majeur du projet et fournisseur de technologies.
Ce que ça change pour Naval Group
Pour Naval Group, cette défaite face à Saab suit un revers récent au Canada cet été, illustrant les difficultés des entreprises françaises sur le marché international. Cela dit, la situation pourrait soulager la charge de travail de son site à Cherbourg (Manche), déjà mobilisé pour la phase industrielle du programme des sous‑marins nucléaires lanceurs d’engins de troisième génération, ainsi que pour la construction des futurs sous‑marins destinés aux Pays‑Bas. Le site de Nantes‑Indret, spécialisé dans les systèmes de propulsion, pourrait aussi voir sa charge de travail simplifiée.
Le groupe a réagi en affirmant qu’il « prend acte du choix souverain de la Pologne pour le renouvellement de sa flotte de sous‑marins ». Naval Group a mis en avant les performances éprouvées de son Scorpène, rappelant que ces sous‑marins équipent déjà de nombreuses marines à travers le monde. Le groupe reste « disponible pour répondre à d’autres potentiels besoins futurs », laissant la porte ouverte à d’autres opportunités internationales.
Solutions transitoires et perspectives en Europe
En attendant les nouveaux bâtiments, une solution transitoire est prévue dès 2027 avec la mise en service d’un navire‑école moderne pour remplacer le vieillissant ORP Orzeł, le seul sous‑marin encore actif de la marine polonaise. Cet investissement montre la volonté de la Pologne de moderniser sa flotte.








