Naval Group évincé : le Canada tourne le dos au sous-marin Barracuda

Le Canada s’engage dans un projet de sous-marins à 60 milliards, mais la France est écartée.

Publié le
Lecture : 2 min
Naval Group évincé : le Canada tourne le dos au sous-marin Barracuda
Naval Group évincé : le Canada tourne le dos au sous-marin Barracuda © Armees.com

Le Canada vient de franchir une étape importante dans son projet de sous-marins, évalué à 60 milliards d’euros canadiens, en retenant deux chantiers navals pour la phase finale. Ce choix marque un tournant pour le pays qui souhaite renforcer sa présence maritime dans l’Arctique et l’Atlantique Nord. Il s’inscrit dans une volonté de diversifier ses partenariats internationaux et pourrait influencer les relations avec la France.

Les chantiers retenus

Le gouvernement canadien a sélectionné deux chantiers pour la construction potentielle de jusqu’à 12 sous-marins. Il s’agit de Thyssen Krupp Marine Systems (TKMS), basé en Allemagne, et de Hanwha Ocean en Corée du Sud. Ces deux grands noms de l’industrie navale ont su convaincre les responsables canadiens grâce à leurs offres compétitives et la solide réputation dont ils jouissent.

À noter que trois autres candidats ont été éliminés dès le début de ce processus important : Naval Group (France), Saab (Suède) et Navantia (Espagne). Ce rejet vient rappeler la difficulté qu’ont les industriels français à s’imposer sur le marché canadien.

Histoire et échecs antérieurs

Le marché canadien est souvent jugé difficile pour les entreprises françaises dans le domaine de l’armement. Les propositions françaises se heurtent fréquemment au refus du ministère canadien de la Défense. Par exemple, en décembre 2017, Naval Group n’avait pas réussi à vendre ses frégates FREMM au Canada, contrairement à leur partenariat avec Naval Group au Brésil.

Naval Group avait pourtant misé sur son modèle Barracuda à propulsion conventionnelle, en s’appuyant sur l’expérience de la Marine nationale française. Même si leurs sous-marins Barracuda ont rencontré le succès aux Pays-Bas, que les Scorpène se sont bien vendus en Indonésie et que les frégates FDI ont trouvé preneur en Grèce, ces arguments n’ont pas suffi face aux offres adverses.

Qui a choisi et qui étaient là

La décision finale a été prise après une « évaluation approfondie des besoins du Canada », selon le ministère canadien de la Défense. Les principaux critères portaient sur les délais de livraison et le retour d’expérience fourni par les marines alliées, soulignant l’importance stratégique des sous-marins pour le Canada. Parmi les responsables clés présents lors de ce processus figuraient Joël Lightbound, ministre de la Transformation du gouvernement, des Travaux publics et de l’Approvisionnement ; Stephen Fuhr, secrétaire d’État chargé de l’approvisionnement en matière de défense ; et David J. McGuinty, ministre canadien de la Défense.

Les offres finales examinées incluent le U212CD proposé par TKMS et le KSS-III Batch 2 présenté par Hanwha Ocean. Le choix final pourrait également tenir compte de l’interopérabilité avec Berlin et Oslo pour sécuriser les zones arctiques.

Les retombées et la réponse française

Cette décision représente un revers notable pour Naval Group, rappelant un échec similaire dans les années 1980 lorsque la France n’avait pas réussi à vendre des sous-marins nucléaires au Canada pour des raisons politiques. La France avait même tenté de renverser la vapeur en mettant en avant ses compétences militaires lors d’une escale du sous-marin nucléaire d’attaque Tourville à Halifax.

Malgré ces efforts, les propositions concurrentes se sont avérées plus séduisantes aux yeux du Canada, reflétant une concurrence maritime intense. Ce nouvel échec pourrait pousser Naval Group à repenser sa stratégie sur la scène internationale en adaptant ses offres aux attentes spécifiques des acheteurs étrangers.

Laisser un commentaire

Share to...