Le Brésil mise sur la puissance nucléaire : Naval Group décroche un contrat explosif

Le Brésil s’apprête à inaugurer son premier sous-marin nucléaire en 2024, un projet à 6,7 milliards d’euros qui pourrait bouleverser l’équilibre maritime.

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Le Brésil mise sur la puissance nucléaire : Naval Group décroche un contrat explosif
Le Brésil mise sur la puissance nucléaire : Naval Group décroche un contrat explosif © Armees.com

Depuis 2008, le Brésil s’est lancé dans un projet ambitieux pour moderniser sa flotte de sous-marins. En partenariat avec le groupe français Naval Group (anciennement DCNS), l’idée est de booster les capacités maritimes du pays tout en adoptant des technologies militaires. Le programme, appelé PROSUB (Programa de Desenvolvimento de Submarinos), vise avant tout à livrer quatre sous-marins à propulsion diesel-électrique de type Scorpène et à participer à la construction d’un sous-marin nucléaire d’attaque. Avec un contrat évalué à 6,7 milliards d’euros, il marque une étape importante dans les liens entre la France et le Brésil.

Les sous-marins Scorpène en pleine forme

Les deux premiers sous-marins Scorpène, S-40 Riachuelo et S-41 Humaitá, sont déjà en service auprès de la Marinha do Brasil. Ces navires montrent bien la volonté du Brésil de faire évoluer ses capacités navales. Le troisième, S-42 Tonelero, est en phase finale d’essais en mer, tandis que la construction du quatrième, S-43 Amiral Karam (anciennement Angostura), est bien avancée. Ce déroulement positif reflète un transfert de savoir-faire réussi entre Naval Group et le Brésil, grâce à la coentreprise Itaguaí Construções Navais.

Le sous-marin nucléaire en chantier

La construction du premier sous-marin nucléaire brésilien débute en juin 2024 chez Itaguaí Construções Navais. Baptisé Almirante Álvaro Alberto, il mesurera environ 100 mètres et pèsera près de 7 000 tonnes. La propulsion nucléaire est gérée par la Direction générale du développement nucléaire et technologique de la Marine brésilienne (DGDNTM). Même si Naval Group apporte une aide technique pour ce chantier, le réacteur nucléaire ne sera pas fabriqué par l’entreprise française, conformément aux engagements internationaux sur la démantèlement de sous-marins.

De nouveaux contrats signés avec Naval Group

Le 28 août dernier, de nouveaux accords entre le Brésil et Naval Group ont été annoncés pour un montant total de 528,4 millions d’euros. Deux contrats ont été signés en juin 2025 pour renforcer ce partenariat. Le premier, d’une valeur de 246,3 millions d’euros, porte sur des prestations d’ingénierie pour l’assemblage électromécanique au sein du Laboratoire de production nucléaire (LABGENE) à Aramar, dans l’État de São Paulo. LABGENE joue un rôle important dans le programme nucléaire brésilien en testant toutes les conditions d’exploitation d’une centrale nucléaire.

Le second contrat, d’un montant de 282 millions d’euros sur 54 mois, prévoit la fourniture de services et de conseils techniques pour les systèmes supplémentaires du sous-marin Almirante Álvaro Alberto.

Le soutien international et les opportunités pour Naval Group

En mars 2024, lors d’une visite officielle à Brasilia, le président français Emmanuel Macron a réaffirmé le soutien de la France au programme brésilien. Il a même indiqué vouloir « ouvrir un nouveau chapitre pour les sous-marins » tout en veillant à ce que les engagements internationaux sur la non-prolifération nucléaire soient strictement respectés.

Pour Naval Group, ces succès récents au Brésil représentent une belle occasion de rebondir, surtout après deux revers sur les marchés canadiens et norvégiens. Son implication continue dans le programme Prosub lui offre une chance de retrouver une place marquante sur la scène internationale.

Cette coopération bilatérale entre le Brésil et Naval Group montre bien à quel point la coopération internationale joue un rôle dans le domaine militaire. En modernisant sa flotte grâce à des technologies avancées et un savoir-faire partagé, le Brésil se positionne comme un acteur majeur sur la scène sécurité maritime.

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