Le retrait du HMS Swiftsure, un ancien sous-marin d’attaque nucléaire de la Royal Navy britannique, marque une étape déterminante dans le retrait des sous-marins nucléaires mis hors service. Ce chantier audacieux, réalisé à Rosyth en Écosse dans le cadre du Submarine Dismantling Project (SDP), s’inscrit dans un vaste plan de démantèlement des engins militaires et de recyclage de leurs matériaux. En étant le premier sous-marin nucléaire britannique entièrement mis au rebut, le Swiftsure se pose comme le précurseur de cette opération.
Une méthode assez particulière
Le démantèlement du HMS Swiftsure a commencé par une grande découpe sur la coque extérieure, notamment avec le détachement de son aileron. Cette opération est confiée à un consortium regroupant le Babcock International Group, le Defense Nuclear Enterprise du ministère de la Défense, KDC Veolia Decommissioning Services UK Ltd et Rolls-Royce. Sous la houlette de Lorraine Russell, Responsable Senior du Programme de Démantèlement des Sous-marins, on prévoit de recycler jusqu’à 90 % du poids total du sous-marin. Une grande part de l’acier récupéré sera réutilisée dans la construction des futurs sous-marins de la Royal Navy.
L’ensemble des opérations devrait être bouclé d’ici la fin de 2026. Le processus comprend plusieurs phases importantes :
- le retrait des parties du réacteur qui sont moins radioactives,
- l’élimination des déchets radioactifs intermédiaires,
- et une phase de nettoyage avant qu’un recyclage de routine ne prenne le relais.
Un passé mouvementé et des enjeux en pleine évolution
Mis en service en 1973, le HMS Swiftsure a opéré jusqu’en 1992 et a notamment marqué les esprits en 1977 lorsqu’il a approché sans se faire repérer le porte-avions soviétique Kiev. La fin de la Guerre froide a entraîné un retrait rapide des sous-marins, générant ainsi un bon paquet de navires en attente de démantèlement. Actuellement, 16 sous-marins désarmés se trouvent à Devonport et 7 à Rosyth, dont le premier sous-marin nucléaire britannique, le HMS Dreadnought.
À titre de comparaison, les États-Unis ont déjà recyclé 116 sous-marins nucléaires grâce au chantier naval Puget Sound Naval Shipyard & Intermediate Maintenance Facility à Bremerton (Washington), tandis que le Royaume-Uni accuse un certain retard dans ce domaine. Aux États-Unis, ce programme de recyclage se conjugue avec une fabrication continue de nouveaux sous-marins nucléaires.
Des défis financiers et des projets pour l’avenir
Le coût total pour entretenir et éliminer l’ensemble des sous-marins nucléaires britanniques est estimé à 7,5 milliards de livres sterling pour le prochain siècle. Entre 1980 et 2017, environ 500 millions ont déjà été investis dans leur stockage et leur maintenance. Le Royaume-Uni planche désormais pour remplacer ses sous-marins Astute par jusqu’à 12 nouveaux SSN dans le cadre du programme SSN-AUKUS, en étroite collaboration avec l’Australie et les États-Unis, tout en affrontant des défis opérationnels.
La dénucléarisation des sous-marins de classe Trafalgar, prévue après plus de vingt ans de service, représente un sacré défi pour la Royal Navy. Par ailleurs, les quatre sous-marins de la classe Vanguard seront progressivement mis hors service entre 2031 et 2040, ce qui demande une planification minutieuse afin de remplacer ces puissants outils militaires sans toucher aux capacités de défense britanniques.









l’Australie veut non pas des SNLE, mais des SNA. Les capacités des chantiers navals, tant aux USA qu’en Grande Bretagne, ne permettent pas de garantir les délais de livraison prévus par le contrat AUKUS. D’où une opportunité pour revenir sus la fourniture à l’Australie de SNA par la France, avec ses ‘Barracuda’ aidée par l’Allemagne (Thyssen Krupp) qui pourraient construire ces SNA dans des délais compatibles des attentes australiennes.