Mauvaise nouvelle pour les réservistes israéliens : malgré un service militaire rallongé, l’armée admet qu’il manque encore des milliers de soldats

Douze mille soldats manquent à l’appel, dont sept mille combattants. Malgré l’allongement du service militaire, Tsahal tire la sonnette d’alarme et vise directement les ultra-orthodoxes. La réforme suffira-t-elle face aux tensions grandissantes avec l’Iran ?

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Mauvaise nouvelle pour les réservistes israéliens : malgré un service militaire rallongé, l'armée admet qu'il manque encore des milliers de soldats
Mauvaise nouvelle pour les réservistes israéliens : malgré un service militaire rallongé, l’armée admet qu’il manque encore des milliers de soldats © Armees.com

L’armée israélienne manque cruellement de bras. Vendredi, au lendemain du vote de la Knesset prolongeant la durée de la conscription, le général Dado Bar Kalifa, chef de la Direction des ressources humaines de Tsahal, a estimé que cette réforme ne suffira pas à combler le manque d’effectifs qui pèse sur les forces armées, rapporte Rfi.

Le Parlement israélien a voté jeudi l’allongement du service militaire, qui passe de 30 à 32 mois. L’état-major réclamait pourtant un retour à 36 mois, la durée en vigueur avant 2015. Les députés ont finalement limité l’extension à deux mois supplémentaires. La mesure n’est d’ailleurs pas pérenne : la loi prévoit un retour à 30 mois en juin 2029.

Pour le général Bar Kalifa, cette rallonge répond à une « nécessité opérationnelle ». Elle doit permettre de stabiliser les unités, préserver la qualité de la formation et poursuivre, dans une certaine mesure, le renforcement des capacités de l’armée. Elle offre aussi un « minimum de répit » aux soldats d’active et aux réservistes, épuisés par des mois de guerre sur plusieurs fronts.

12 000 hommes manquants, dont 7 000 combattants

Le chiffre donne la mesure du problème. Les forces armées estiment qu’il leur manque urgemment 12 000 hommes, dont 7 000 combattants. Cette pénurie s’explique par l’usure accumulée depuis plusieurs années de conflit sur plusieurs fronts à la fois.

C’est précisément ce qui pousse le général à réclamer davantage que ces deux mois supplémentaires. Selon lui, la réforme ne remplace pas la nécessité d’élargir le recrutement à l’ensemble de la société, une formule qui vise directement la communauté ultra-orthodoxe. Il appelle aussi à adapter la législation encadrant le service de réserve.

L’allusion est claire. Près de 70 000 jeunes religieux ultra-orthodoxes en âge de servir restent aujourd’hui exemptés, sans avoir jamais été enrôlés. Le sujet est qualifié de hautement inflammable pour la coalition gouvernementale, qui tente par tous les moyens législatifs de préserver les privilèges de son électorat religieux.

Elle a récemment fait adopter plusieurs textes controversés destinés à maintenir les exemptions militaires des étudiants des yeshivot. La Haute Cour de justice a de son côté suspendu l’application d’une loi qui empêchait l’arrestation des réfractaires orthodoxes, le temps d’examiner les recours déposés contre ce texte.

Dans la rue, la pression ne retombe pas : une partie de la population continue de réclamer l’inclusion des ultra-orthodoxes dans le service militaire, un sujet qui empoisonne la vie politique israélienne depuis des années.

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