Ukraine : la trahison qui hante encore 30 ans après le mémorandum de Budapest

L’Ukraine, en quête de sécurité après avoir abandonné son arsenal nucléaire, se sent trahie par des promesses non tenues.

Publié le
Lecture : 2 min
Ukraine : la trahison qui hante encore 30 ans après le mémorandum de Budapest
Ukraine : la trahison qui hante encore 30 ans après le mémorandum de Budapest © Armees.com

En 1994, l’Ukraine signe le mémorandum de Budapest avec les États-Unis, le Royaume-Uni et la Russie. L’idée était de dénucléariser le pays en échange de garanties sur sa souveraineté. Mais, trois décennies plus tard, l’invasion russe de 2022 ranime la colère et le sentiment de trahison chez les Ukrainiens, qui traitent cet accord comme une « erreur historique ».

Un passé bien chargé

Le principal but du mémorandum de Budapest était la dénucléarisation de l’Ukraine. En s’engageant à abandonner son arsenal nucléaire et à signer le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), l’Ukraine devait obtenir des assurances sur son intégrité territoriale, son indépendance et sa souveraineté. Des accords similaires avaient aussi été signés avec la Biélorussie et le Kazakhstan. Le premier article réaffirmait l’engagement des signataires à respecter les frontières ukrainiennes.

Toutefois, le texte comportait une grande lacune : il n’imposait aucune obligation contraignante aux alliés de l’Ukraine en cas d’attaque. Les parties se limitaient à se consulter et pouvaient, le cas échéant, solliciter l’avis du Conseil de sécurité des Nations Unies au lieu d’intervenir militairement.

Des conséquences amères

Aujourd’hui, beaucoup en Ukraine voient cet accord comme une erreur de stratégie capitale. L’invasion de 2022 par la Russie est perçue comme une violation patente du mémorandum. Les soldats ukrainiens, notamment ceux en poste à Kharkiv, n’en finissent pas de déplorer le fait que cet accord n’ait pas empêché l’agression russe. Les membres de la 53e brigade mécanisée partagent tous le sentiment d’avoir été trahis : « On leur a fait confiance, mais en fait, on a fait une erreur historique. »

Pour certains militaires, comme Valeri et Bogdan, la colère se tourne avant tout vers les États-Unis. Valeri confie avec amertume : « Je suis en colère. Mais c’est surtout contre les États-Unis que ça se dirige, pas tant contre la Russie. » Bogdan ajoute que si l’Ukraine avait encore des armes nucléaires, cela aurait dissuadé toute agression de la part de la Russie.

Rejet international et espoirs déçus

Les critiques portent également sur la politique occidentale qui choisit de ne pas intervenir. Nicolas Tenzer rappelle qu’en 2014, lors de l’annexion de la Crimée, les Américains et les Britanniques ont invoqué des raisons juridiques pour justifier leur inaction. La stratégie adoptée par Barack Obama a alors laissé de nombreux observateurs perplexes quant à la crédibilité des États-Unis sur la scène mondiale.

Récemment, lors d’une réunion à la Maison-Blanche entre Donald Trump et des dirigeants européens, la question des garanties de sécurité pour l’Ukraine a refait surface dans le cadre d’un projet d’accord de paix. Bien que les détails restent vagues, Trump a évoqué des garanties que plusieurs pays européens pourraient offrir.

Réflexions sur un futur incertain

Les Ukrainiens restent méfiants vis-à-vis des promesses de protection faites par les Américains, malgré le soutien à l’Ukraine affiché lors des négociations internationales. Volodymyr Zelensky a exprimé son ras-le-bol face au manque d’actions concrètes : « Tout ce que l’Alliance a réussi à faire jusqu’à présent, c’est transporter cinquante tonnes de carburant diesel pour l’Ukraine […] probablement pour que nous puissions brûler le mémorandum de Budapest. » Il rappelle qu’un simple document ne suffit pas à protéger une nation.

1 réflexion au sujet de « Ukraine : la trahison qui hante encore 30 ans après le mémorandum de Budapest »

  1. La lecture des nouvelles informations laisse penser qu’une nouvelle grande guerre internationale serait imminente. Enfin, c’est ce que ça donne. Faut-il avertir les gens mal informés de la nécessité de se protéger en faisant des stocages d’eau, d’essence et de vivres au risque de semer la panique. ? Istre, alias Sirius

Laisser un commentaire

Share to...