L’armée de l’Air et de l’Espace (AAE) s’apprête à boucler son sixième grand déploiement aérien depuis 2018. Baptisée PEGASE 26, la mission doit démarrer début septembre et durera 38 jours, avec un parcours qui ira du Groenland jusqu’au Moyen-Orient en passant par l’Alaska, le Japon, la Corée du Sud, l’Indonésie, l’Inde et La Réunion.
Le ministère des Armées présente l’opération comme la démonstration d’une capacité à projeter la puissance aérienne française sur ce qu’il appelle un arc stratégique étendu, de l’Arctique à l’Indo-Pacifique jusqu’au Proche et Moyen-Orient. Lancée en 2018, la mission PEGASE (Projection d’un dispositif aérien d’EnverGure en Asie du Sud-Est) sert chaque année à montrer que la France peut intervenir rapidement dans la zone indopacifique en cas de crise, tout en resserrant ses partenariats opérationnels sur place.
Un dispositif plus étoffé qu’en 2025
L’an passé, la mission « PEGASE Grand Nord 2025 » avait mobilisé six Rafale B, deux A400M et un seul A330 MRTT, pour un circuit limité à la Suède, la Pologne et la Croatie, bouclé en à peine huit jours.
Cette année, le format change d’échelle : quatre Rafale F4, deux A400M et trois A330 MRTT seront engagés, avec près de 300 aviateurs mobilisés pendant 38 jours, soit près de cinq fois la durée de l’édition précédente.
Dans un communiqué, le ministère des Armées précise que ce déploiement « repose sur un dispositif opérationnel robuste et structuré autour des trois piliers fondamentaux de l’armée de l’Air & de l’Espace : la projection de puissance, la mobilité stratégique et le soutien logistique ».
L’ensemble est planifié et conduit par le Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA), basé à Lyon Mont-Verdun, présenté comme le centre névralgique de la conduite des opérations aériennes françaises.
Escale au Groenland avant l’Alaska
Premier temps fort du parcours : les deux A400M feront escale au Groenland pour valider une nouvelle route aérienne vers l’Amérique du Nord. Cette étape prolonge des expérimentations menées par l’AAE dans la région depuis janvier 2025 au moins, parmi lesquelles la mise en œuvre d’un « Atlas » depuis une piste sommairement aménagée sur la banquise arctique. L’escale groenlandaise sert aussi à entretenir l’entraînement des équipages à des latitudes élevées, dans des conditions climatiques polaires.
Les A400M seront ensuite rejoints par le reste du dispositif en Alaska, où une séquence de coopération franco-américaine est prévue. Les Rafale, eux, rallieront directement l’Alaska d’une traite.
Le détachement traversera ensuite le Pacifique pour rejoindre le Japon, la Corée du Sud puis l’Indonésie. Le ministère des Armées y voit l’occasion « d’illustrer la variété et la solidité des partenariats entretenus par les armées françaises dans cette zone ».
Le dispositif se scindera alors en deux. Un premier sous-détachement mettra le cap sur l’Inde, pour participer à l’exercice TARANG SHAKTI, dans le cadre d’une coopération franco-indienne que la fiche décrit comme historique et dynamique. Le second gagnera La Réunion, où il sera accueilli par les Forces armées en zone sud de l’océan Indien (FAZSOI). Il s’agira, selon le ministère, de démontrer « la capacité des armées françaises à renforcer ponctuellement ses bases ultramarines ».
La dernière phase se concentrera sur le Moyen-Orient, région d’engagement prioritaire pour la France. Une escale est prévue au Qatar, avant que l’AAE ne participe à l’exercice franco-égyptien AMUN 26. Le ministère des Armées résume ainsi l’ampleur du parcours : « du Groenland à l’Égypte en passant par le Japon et l’Inde, l’armée de l’Air et de l’Espace va traverser trois zones stratégiques majeures avec PEGASE 26 ».
Le ministère souligne que l’ensemble « repose sur une stricte adéquation entre objectifs stratégiques et moyens engagés, grâce à un dispositif agile et modulaire ». Selon la même source, ce type d’opération confirme un savoir-faire que très peu d’armées de l’air peuvent revendiquer : engager l’aviation de combat française dans tout type de mission, n’importe où dans le monde, dans des délais très réduits, seule ou en coalition.








