Poutine dévoile le Yak-130M, l’avion d’entraînement transformé en chasseur antidrones

Un simple avion d’entraînement transformé en chasseur antidrones capable de traquer bateaux et engins ukrainiens sur la mer Noire ? Poutine dévoile le Yak-130M, et ses capacités surprennent déjà les experts militaires.

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Poutine dévoile le Yak-130M, l'avion d'entraînement transformé en chasseur antidrones
Poutine dévoile le Yak-130M, l’avion d’entraînement transformé en chasseur antidrones © Armees.com

Le 24 juillet 2026, lors d’une visite à l’usine aéronautique d’Irkoutsk, Vladimir Poutine a inspecté un premier prototype du Yak-130M et signé sa carlingue. Le président russe a cité explicitement, parmi les nouvelles missions confiées à cet avion d’entraînement transformé en chasseur léger, la destruction de grands drones et de bateaux sans équipage.

Sur place, Vitaly Elagin, directeur de production de l’usine, a détaillé l’avancement du programme. Le Yak-130M, dérivé du Yak-130, a effectué son premier vol le 25 juin 2026, confirme Le Parisien. Ce vol inaugural, d’une cinquantaine de minutes, s’est limité à un contrôle du comportement de la cellule, jusqu’à 2 000 mètres d’altitude et 600 km/h, sans démonstration de capacités de combat. Neuf vols d’essai ont depuis été réalisés.

Plus de la moitié des équipements renouvelés

Le Yak-130 d’origine servait surtout à familiariser les pilotes russes avec l’aérodynamique des chasseurs modernes, sans véritable système de mission pour le combat réel. Selon les documents présentés lors de la visite présidentielle, plus de 50 % des équipements du Yak-130M ont été entièrement renouvelés.

L’appareil embarque désormais un radar à balayage électronique actif, le BRLS-130R, capable selon son constructeur Yakovlev de détecter un drone volant à basse altitude jusqu’à environ 27 km, une valeur non confirmée par des essais indépendants. S’y ajoutent un système de visée électro-optique SOLT-130K, une suite d’autoprotection Prezident-S130 et un système de communication KSS-130.

Côté performances, le Yak-130M affiche une vitesse maximale de 960 km/h, une autonomie de 1 610 km, une charge militaire maximale de 2 500 kg répartie sur 9 points d’emport et une charge utile totale pouvant atteindre 3 tonnes.

Le pilote d’essai Alexander Guskov estime que l’appareil a désormais dépassé son ancienne limitation : selon lui, il possède les capacités de combat d’un véritable chasseur léger, capable à la fois d’entraîner les pilotes et de participer aux combats en cas de besoin.

Économiser les Su-57 et Su-35

L’objectif affiché par Moscou est une économie de forces. Envoyer un Su-57, chasseur furtif de cinquième génération, ou un Su-35, chasseur lourd de supériorité aérienne, contre un drone lent et bon marché mobiliserait des appareils coûteux pour une cible peu exigeante.

Le ministère russe de la Défense affirme avoir intercepté 328 drones ukrainiens entre la soirée du 24 juillet et la matinée du 25 juillet 2026, un bilan émanant d’une partie au conflit et non vérifiable de façon indépendante.

Dans cette logique, le Yak-130M assurerait la défense aérienne locale, les patrouilles antidrones et la surveillance côtière, pendant que les Su-35 resteraient disponibles pour le front et l’escorte, et les Su-57 pour la pénétration et la frappe à distance. La Russie développe par ailleurs une défense aérienne à plusieurs niveaux, associant systèmes sol-air longue et courte portée, brouilleurs, hélicoptères, avions et drones intercepteurs. Le Yak-130M y occuperait une position intermédiaire, plus mobile qu’une batterie terrestre mais moins précieux qu’un chasseur lourd.

La destruction des drones de surface constitue l’autre mission explicitement citée par Vladimir Poutine. Ces engins ukrainiens ont frappé navires, installations portuaires et infrastructures autour de la Crimée, contraignant la flotte russe de la mer Noire à renforcer ses défenses et à éloigner une grande partie de ses bâtiments de Sébastopol.

Leur détection reste difficile : faible émergence au-dessus de l’eau, signature radar réduite, bruit de fond des vagues, conditions météorologiques parfois défavorables. Une arme guidée par satellite convient surtout à des cibles fixes, alors qu’un drone naval rapide exige une mise à jour continue de sa position ou un autodirecteur terminal. Le Yak-130M interviendrait comme dernier maillon armé d’un réseau associant radars côtiers, navires, drones de reconnaissance et postes de commandement.

L’appareil n’est ni furtif ni supersonique, et son radar reste moins puissant que celui d’un chasseur lourd. Sa charge utile et son autonomie sont également réduites. Dans un espace fortement défendu par des chasseurs, des missiles sol-air ou de la guerre électronique, il serait vulnérable et ne pourrait remplacer un Su-57 ou un Su-35 au-dessus du front ukrainien.

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