« Récemment, nous avons obtenu le premier abattage en combat air-air, lorsqu’un F-16 ukrainien a abattu un chasseur russe. » La phrase est du général Dan Caine, président de l’État-major interarmées des États-Unis, prononcée lors d’une audition devant le Comité des crédits du Sénat américain, selon Newsweek. Elle met fin à des semaines d’incertitude sur les circonstances exactes de la perte d’un Sukhoi Su-35S russe, désigné Flanker-E par l’OTAN, le 8 juillet 2026.
Le général Caine n’a identifié ni le modèle de l’appareil abattu, ni les détails de l’engagement. Mais ses propos renvoient directement à l’incident du 8 juillet, lorsque la Force aérienne ukrainienne avait annoncé la destruction d’un chasseur russe moderne sur le front oriental, sans préciser à l’époque l’arme employée. L’appareil vraisemblablement utilisé pour ce tir est le missile américain à moyenne portée AIM-120 AMRAAM, embarqué par les F-16 ukrainiens.
🧐🇺🇸🇺🇦🇷🇺 America’s F-16 Scores Its First Air Victory in Ukraine, Russian Su-35 Falls from the Sky
A major milestone in the air war over Ukraine.
According to U.S. Chairman of the Joint Chiefs of Staff, Dan Caine, a Ukrainian operated F-16 Fighting Falcon has successfully shot… pic.twitter.com/35vgpdB1lj
— Defence Index (@Defence_Index) July 22, 2026
Une défense construite par couches
Devant les sénateurs, Caine a présenté cet abattage comme le résultat de la croissance des défenses ukrainiennes ces deux dernières années. Kiev a développé, selon lui, une défense « par couches », combinant capteurs, systèmes antiaériens et avions capables de répondre à des menaces situées à différentes distances et altitudes.
Il a aussi salué le renforcement de l’industrie de défense ukrainienne, qui a accru ses capacités tant sol-air qu’air-air grâce à la coopération avec ses alliés occidentaux.
Cette confirmation officielle élargit le rôle connu des F-16 ukrainiens. Depuis plus de deux ans, ces appareils servaient d’abord à intercepter les missiles de croisière et les drones russes visant les villes et infrastructures. L’épisode du 8 juillet ouvre désormais un chapitre offensif, celui de la supériorité aérienne, intégré au reste du dispositif défensif.
Le Su-35S, principal chasseur de supériorité aérienne de la Russie, sert habituellement en patrouille de combat, en escorte des Su-34 ou en protection de missions à bombes planantes. Face à lui, le F-16 appartient à la même génération de chasseurs, mais offre des capacités supérieures aux anciens MiG-29 et Su-27 hérités de l’ère soviétique, que Kiev utilisait encore quelques années plus tôt.
Les premiers F-16 sont entrés en service en Ukraine en août 2024, après près de deux ans de planification internationale, de conversion de pilotes et de préparation des infrastructures. La livraison de 85 appareils opérationnels a été engagée par quatre pays :
- 30 de Belgique,
- 24 des Pays-Bas,
- 19 du Danemark
- et 12 de Norvège,
à quoi s’ajoutent 10 cellules norvégiennes supplémentaires destinées surtout aux pièces de rechange.
La plupart de ces avions, fabriqués dans les années 1980, ont reçu entre 2000 et 2015 des mises à niveau qui leur permettent d’utiliser les liaisons de données Link 16 et surtout le missile AIM-120 AMRAAM.
La flotte reste toutefois restreinte. Le média spécialisé Defense Express l’estime à environ 39 F-16 opérationnels, et l’Ukraine en a perdu au moins trois depuis leur mise en service, dont un fin juin 2025 dans un incident qui a coûté la vie à son pilote.
Selon une information de Reuters relayée en mars, les F-16 ukrainiens ont même traversé près d’un mois sans disposer de missiles suffisants face aux attaques russes, à la fin de l’année 2025.
Face à ces contraintes, les alliés occidentaux poussent l’arrivée de nouveaux modèles, les Gripen suédois et les Mirage français, selon Business Insider. L’Ukraine a signé un accord pour l’acquisition de 16 appareils Gripen, dont l’incorporation est attendue dans environ trois ans, précise Newsweek.
Une chaîne Telegram russe, présentée comme liée à l’aviation de Moscou, a affirmé de son côté que trois avions ukrainiens et un système Patriot avaient participé à l’opération du 8 juillet, et que le pilote russe avait survécu.








