Le croiseur de combat russe à propulsion nucléaire Amiral Nakhimov a achevé ses essais en mer et devrait entrer en service actif dans les prochains mois, selon les informations du site spécialisé Defense Express. Présenté comme le navire de combat de surface le plus imposant et le plus lourdement armé au monde, il pourrait rejoindre les effectifs de la Marine russe d’ici la fin de l’année 2026.
Une série d’évaluations finales a débuté en juin 2025, avant un retour du navire à Severodvinsk le 21 juillet. Il a ensuite repris la mer en toute autonomie, une première depuis près de trois décennies. Fin juillet, l’amiral Alexandre Moiseïev, chef de la Marine russe, a confirmé que le bâtiment subissait ses derniers essais et qu’il devrait être pleinement opérationnel avant la fin de l’année suivante.
Un armement conçu pour dépasser toute flotte de l’OTAN
Long de 252 mètres pour un déplacement maximal d’environ 28 000 tonnes, le croiseur appartient au projet 1144 Orlan, dont le nom de code de l’OTAN est « classe Kirov ». Ses deux réacteurs nucléaires à eau pressurisée de type KN-3 développent 140 000 chevaux-vapeur à l’arbre et lui permettent d’atteindre 32 nœuds, une vitesse suffisante pour distancer n’importe quel porte-avions, destroyer ou frégate actuellement en service dans l’OTAN.
Son arsenal comprend :
- 96 missiles sol-air à longue portée, l’équivalent de trois bataillons de technologie S-400,
- 80 cellules de missiles de croisière capables de tirer des Kalibr, des antinavires Oniks et le missile hypersonique Zircon, jugé sans équivalent dans les arsenaux occidentaux.
Le navire peut aussi embarquer trois hélicoptères de transport lourd.
Lancé le 25 avril 1986 sous le nom de Khalinine, le bâtiment a été rebaptisé en l’honneur d’un amiral connu pour ses exploits lors du siège de Sébastopol, pendant la guerre de Crimée. Sa dernière sortie en mer remontait à juillet 1997, neuf ans après sa mise en service, après quoi il avait été immobilisé à Mourmansk pour ce qui ne devait être que de brèves réparations. Il est resté de façon définitive au chantier naval de Sevmash à partir de 1999.
Le contrat de modernisation a débuté en 2013 et s’est mué en reconstruction quasi totale : machines internes, câblage électrique, capteurs et systèmes de combat ont presque tous été remplacés. L’achèvement, initialement prévu pour 2018, a finalement été repoussé à 2025-2026, tandis que le budget explosait par rapport aux prévisions de départ.
Selon le média United24, la remise à niveau a coûté près de 200 milliards de roubles, soit environ 2,3 milliards de dollars. La ponction sur les ressources industrielles et financières engagée sur une décennie a conduit la Russie à abandonner un projet de modernisation similaire pour le navire Piotr Velikiy.
Ce chantier reste le projet de modernisation le plus audacieux jamais entrepris pour la force navale de surface post-soviétique du pays. Il mobilise depuis des années la Flotte du Nord autant que le secteur russe de la construction navale.
Le navire pourrait jouer un rôle dans la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, un affrontement qui s’est progressivement orienté vers une bataille aérienne recourant à des outils légers comme les drones. Selon Defense Express, des médias russes et internationaux s’interrogent sur l’utilisation potentielle d’un navire dont la construction a coûté aussi cher, alors que Kiev a démontré plusieurs fois sa capacité à frapper des bases navales russes, notamment en Crimée.
Les dernières attaques de drones ont par ailleurs démontré leur capacité à provoquer d’importants dégâts, même sur des navires de guerre lourdement armés.








