Trump déclare le détroit d’Ormuz « territoire américain »

Le 18 août 2026, Donald Trump a publié une carte revendiquant le détroit d’Ormuz comme territoire américain.

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Trump déclare le détroit d’Ormuz « territoire américain » © Armees.com

Le 18 août 2026, Donald Trump a franchi un nouveau palier dans la confrontation avec l’Iran. Sur Truth Social, le président américain a publié une carte délimitant le détroit d’Ormuz comme « nouveau territoire américain », concrétisant une menace formulée quatre jours plus tôt lors d’un événement à New York. Cette revendication territoriale unilatérale intervient après six mois de guerre ouverte et l’effondrement du mémorandum de 60 jours signé en juin. Derrière la provocation diplomatique se dessine une réalité opérationnelle complexe : Washington peine à sécuriser un passage maritime par lequel transite 20% du pétrole et du gaz mondiaux, malgré un déploiement naval massif.

La déclaration du 18 août : une escalade rhétorique assumée

La carte diffusée par Trump ne se limite pas aux eaux internationales du détroit. Elle englobe une portion significative de territoire iranien sur les frontières nord du passage stratégique, impliquant de facto une occupation partielle du sol iranien. Le président américain accompagne cette publication d’une affirmation sans équivoque : les États-Unis exercent un « contrôle total » sur le détroit, toutes les mines aquatiques ayant été selon lui retirées ou neutralisées. Cette revendication constitue une rupture majeure avec le droit international maritime, qui reconnaît le détroit comme eaux territoriales partagées entre l’Iran et Oman, assorties d’un droit de passage inoffensif pour les navires commerciaux.

Contexte : annonces antérieures et menaces de bombardement contre Oman

Quatre jours avant la publication de la carte, Trump déclarait lors d’un événement à New York : « After we finish defeating Iran, which is being very badly defeated, pretty soon I’ll be declaring the Hormuz Strait a territory of the United States ». Le 17 août, alors que le mémorandum d’accord de 60 jours expirait sans prolongation ni accord final, le président américain a intensifié la pression. Interrogé par Fox News sur les négociations menées par Oman entre Washington et Téhéran, Trump a menacé de bombarder le sultanat si celui-ci s’opposait aux efforts américains dans le détroit : « If Oman gets in the way, we’ll bomb the shit out of them ». Une menace sans précédent contre un pays médiateur traditionnellement neutre dans les conflits régionaux.

Le blocus naval américain toujours en cours

Depuis le début du conflit fin février 2026, l’US Navy maintient un dispositif de blocus autour du détroit d’Ormuz. Plusieurs groupes aéronavals, appuyés par des unités de guerre des mines et des drones de surveillance maritime, patrouillent dans le golfe Persique et le golfe d’Oman. Pourtant, malgré cette présence imposante, les forces américaines n’ont pas réussi à garantir un passage sûr pour les navires commerciaux traversant le détroit. Les attaques de drones iraniens contre les bâtiments militaires américains se poursuivent, tandis que le déminage reste partiel. La mort de trois militaires américains dans les semaines suivant l’effondrement de l’accord de 60 jours illustre la vulnérabilité persistante du dispositif naval face à une stratégie asymétrique iranienne rodée.

Mines et drones iraniens : la contre-stratégie du contrôle de facto

Face à la supériorité technologique américaine, l’Iran a déployé une stratégie de déni d’accès reposant sur des moyens asymétriques. Des champs de mines sophistiqués, des drones kamikazes et des missiles antinavires à courte portée permettent à Téhéran de contester le contrôle américain du détroit. Le vice-ministre des Affaires étrangères iranien, Kazem Gharibabadi, a répondu à la revendication de Trump par une déclaration sans ambiguïté : « Ce détroit ne sera ouvert ou fermé que sur décision iranienne ». La réalité opérationnelle confirme ces propos : le détroit demeure largement verrouillé par les forces iraniennes, malgré les affirmations américaines.

Comparaisons avec les revendications précédentes de souveraineté maritime

La revendication trumpienne du détroit d’Ormuz rappelle certaines tentatives historiques d’appropriation de passages stratégiques. En 1956, l’Égypte nationalisa le canal de Suez, déclenchant une crise internationale. Plus récemment, la Chine a revendiqué une souveraineté étendue en mer de Chine méridionale, construisant des îles artificielles pour justifier des zones économiques exclusives contestées. Toutefois, aucun précédent ne correspond exactement à la situation actuelle : Trump revendique non pas une nationalisation ou une zone d’influence, mais une annexion territoriale pure et simple d’un espace maritime internationalement reconnu. Le droit international maritime, codifié par la Convention de Montego Bay de 1982, ne prévoit aucun mécanisme permettant à un État tiers de s’approprier unilatéralement un détroit situé dans les eaux territoriales d’autres nations souveraines.

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