« On pensait que c’était fini » : l’armée prépare ses premières exécutions en 64 ans, les familles des condamnés découvrent la nouvelle

Soixante-cinq ans après la dernière pendaison militaire, Washington prépare en coulisses un scénario inédit. Quatre condamnés, un pénitencier, un délai de 150 jours. Trump donnera-t-il son feu vert ?

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« On pensait que c'était fini » : l'armée prépare ses premières exécutions en 64 ans, les familles des condamnés découvrent la nouvelle
« On pensait que c’était fini » : l’armée prépare ses premières exécutions en 64 ans, les familles des condamnés découvrent la nouvelle © Armees.com

L’Armée américaine (US Army) s’est préparée à la possibilité de mener des exécutions de condamnés à mort du système militaire, si le président Donald Trump venait à les approuver. Ce plan concernerait les quatre détenus actuellement condamnés à mort dans le système militaire. S’il était mis en œuvre, il marquerait la première exécution militaire américaine depuis plus de soixante ans.

Le document de planification interne à l’origine de cette information s’intitule « Operation Resolute Justice ». Diffusé au sein de l’Armée en février 2026, il a été révélé pour la première fois par ABC News, qui en a eu la primeure, avant d’y revenir dans un reportage début juin 2026.

Un transfert prévu vers le pénitencier de Terre Haute

Le plan prévoit une coordination avec le Federal Bureau of Prisons pour d’éventuelles exécutions au complexe pénitentiaire fédéral de Terre Haute, dans l’Indiana, où le gouvernement fédéral mène l’ensemble de ses exécutions depuis 2001. Il détaille aussi les procédures de transfert des condamnés depuis la US Disciplinary Barracks de Fort Leavenworth, dans le Kansas.

Plusieurs composantes de l’Armée sont tenues de se préparer à faciliter ces exécutions au plus tard 150 jours après la date d’approbation présidentielle des condamnations à mort.

Rien n’est toutefois acquis. L’article 71 de l’Uniform Code of Military Justice stipule qu’une condamnation à mort prononcée par une cour martiale ne peut être exécutée tant qu’elle n’a pas été approuvée par le président, et interdit toute exécution tant que le processus d’appel n’a pas produit un jugement définitif. Cette règle explique pourquoi les condamnations à mort militaires peuvent rester en suspens pendant des décennies après le procès.

La porte-parole de l’Armée, Cynthia Smith, a précisé à ABC News qu’aucun ordre n’avait été transmis par Donald Trump à ce sujet, en date de début juin 2026. Elle a toutefois indiqué que des exercices liés à cette opération étaient menés régulièrement depuis vingt ans et que ces entraînements constituent un élément standard de la planification et de la préparation continues de l’Armée, dans l’éventualité où le président approuverait une condamnation à mort.

Quatre peines prononcées entre 1988 et 2013

Les quatre détenus concernés sont Ronald Gray, ancien cuisinier de la 82e division aéroportée à Fort Bragg, condamné en 1988 pour une série de meurtres et de viols ; Hasan Akbar, ancien sergent condamné en 2005 après une attaque à la grenade et par arme à feu qui avait tué le capitaine Christopher Seifert et le major Gregory Stone, et blessé 14 autres soldats au Koweït en 2003 ; Timothy Hennis, ancien sergent-major condamné en 2010 pour un triple meurtre commis en 1985 ; et Nidal Hasan, ancien psychiatre de l’Armée condamné en 2013 pour avoir tué 13 personnes à Fort Hood en 2009.

Gray reste le seul des quatre dont l’exécution a déjà reçu l’aval d’un président. Une date avait été fixée au 10 décembre 2008, avant qu’une cour fédérale ne suspende la procédure le 26 novembre de la même année.

En septembre 2026, le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth a fait savoir, dans des propos rapportés par The Hill, qu’il voulait obtenir l’exécution de Nidal Hasan, affirmant être engagé à 100 % à faire en sorte que la peine de mort soit appliquée pour Nidal Hasan et que les victimes et les survivants méritent justice sans délai.

Dès son premier jour de retour à la Maison Blanche, Donald Trump avait signé un décret intitulé « Rétablir la peine de mort et protéger la sécurité publique », ordonnant au procureur général de veiller à l’application des lois autorisant la peine capitale.

Lors de son premier mandat, il avait déjà supervisé 13 exécutions fédérales entre juillet 2020 et janvier 2021, mettant fin à une pause de 17 ans. Son prédécesseur Barack Obama, lui, avait commué la peine de Dwight Loving, un militaire condamné pour le meurtre de deux soldats en 1988, en prison à vie sans libération conditionnelle.

La dernière exécution militaire américaine remonte au 13 avril 1961, quand le soldat John A. Bennett avait été pendu après avoir été reconnu coupable de viol et de tentative de meurtre.

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