La France hésite cet été entre ses propres lance-roquettes et ceux des Américains : les militaires sont divisés comme rarement

La France doit choisir cet été entre moderniser son arsenal avec des solutions nationales ou opter pour des lance-roquettes américains.

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La France hésite cet été entre ses propres lance-roquettes et ceux des Américains : les militaires sont divisés comme rarement
La France hésite cet été entre ses propres lance-roquettes et ceux des Américains : les militaires sont divisés comme rarement © Armees.com

La France s’apprête à remplacer ses Lance-roquettes unitaires (LRU) vieillissants, et le choix final du système remplaçant, attendu cet été, pourrait surprendre. Alors que deux consortiums français ont proposé des solutions nationales, une option américaine semble également envisagée, soulevant des questions sur la souveraineté et la dépendance militaire du pays.

Pourquoi la modernisation est urgente

Le programme de Frappe de Longue Portée Terrestre (FLP-T), lancé en 2023 par la Direction Générale de l’Armement (DGA), vise à remplacer les obsolescence des LRU qui devraient devenir obsolètes d’ici 2027. Actuellement, de nombreux systèmes ont déjà du mal à fonctionner correctement. Les conflits récents ont montré qu’il fallait pouvoir frapper en profondeur et faire face à une vulnérabilité plus marquée des pièces d’artillerie face aux drones et au brouillage électronique. L’enjeu pour la France est important : modernisation de l’arsenal tout en garantissant une indépendance stratégique.

Ce que proposent les industriels français

Deux grands consortiums français sont dans la course. Safran-MBDA propose le système Thundart, un camion-lanceur « tout chemin » capable de transporter huit roquettes et de se déplacer à 80 km/h. Le Thundart se distingue par un kit de guidage robuste contre le brouillage, lui permettant de tirer rapidement puis de changer de position.

De son côté, le consortium ArianeGroup-Thales a développé un missile balistique de longue portée qui, selon Vincent Pery de Thales, peut atteindre 2 500 km. Avec des essais réussis début mai, ce système prétend pouvoir être livré rapidement et voir sa cadence de production augmentée. Ces éléments sont mis en avant comme des arguments commerciaux pour prendre le dessus sur le marché.

Et l’option américaine ?

Le fabricant américain Lockheed Martin, avec son système Himars déjà utilisé en Europe, est aussi à l’étude, rapporte BFMTV. L’Himars attire l’attention pour sa fiabilité et sa mise en œuvre rapide. Mais des retards observés chez l’Estonie, liés à la situation au Moyen-Orient, montrent les difficultés logistiques possibles pour la France. En outre, une telle acquisition pourrait rendre la France dépendante d’une autorisation du Congrès américain, ce qui suscite des réserves dans les milieux politiques français concernant la dépendance militaire.

Sur quels critères se fera le choix

Catherine Vautrin, chargée d’examiner ces propositions, a demandé à la DGA d’évaluer toutes les options disponibles. Elle insiste sur l’efficacité, le coût et la capacité de livraison rapide. Emmanuel Macron défend aussi une « préférence européenne » pour les achats militaires, exprimant la volonté politique de renforcer la souveraineté militaire stratégique. En revanche, Cédric Perrin, sénateur, a fait part de son mécontentement face à une possible option américaine, craignant un « trou capacitaire » et une perte de souveraineté.

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