» C’est un choc. Nous ne pouvons plus faire confiance …  » : Trump lâche l’Europe

Les choix de Donald Trump ont bouleversé l’ordre mondial, ébranlant alliances et stratégies.

Publié le
Lecture : 2 min
" C'est un choc. Nous ne pouvons plus faire confiance ... " : Trump lâche l'Europe
 » C’est un choc. Nous ne pouvons plus faire confiance …  » : Trump lâche l’Europe | Armees.com

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945, les États-Unis et leurs alliés avaient mis en place un ordre libéral basé sur des valeurs comme l’État de droit, la démocratie politique et le libre-échange. Ce système a permis la création d’organisations internationales telles que les Nations unies (ONU) et la Banque mondiale, pendant que l’OTAN voyait le jour pour tenir tête au bloc soviétique. Même si la chute de l’URSS en 1991 a bien modifié le décor géopolitique, cet ordre est resté en place jusqu’à récemment.

La rupture avec l’ordre établi

L’arrivée de Donald Trump à la présidence a marqué un virage net dans les relations internationales. Plutôt que de suivre la méthode habituelle, il a opté pour une politique transactionnelle, misant sur une force plus directe au lieu de privilégier le dialogue avec les partenaires traditionnels.

Durant son premier mandat (2016-2020), Trump a fait volte-face sur plusieurs accords internationaux signés sous Barack Obama, notamment celui sur le climat et l’accord nucléaire avec l’Iran. Sa politique extérieure s’est illustrée par des décisions qui ont fait grand bruit : il avait proposé d’annexer le canal du Panama et le Groenland, sans oublier la question du contrôle de la bande de Gaza. En janvier 2025, lors de son retour à la Maison Blanche, il a adopté une attitude virulente envers l’Europe, allant jusqu’à menacer de sortir les États-Unis de l’OTAN.

Comment le monde a réagi

Face aux décisions audacieuses de Trump, les réactions internationales n’ont pas tardé, comme la réévaluation du contrat F-35 par le Canada. Christian Lequesne affirme désormais que les États-Unis ne peuvent plus être considérés comme des alliés fiables pour l’Europe, ce qui a sérieusement ébranlé l’ordre international tel qu’on le connaissait. Pour y répondre, la défense européenne s’est improvisée en priorité pour le futur chancelier allemand Friedrich Merz, et le Danemark a intensifié ses efforts en faveur de sa sécurité.

Le président français Emmanuel Macron a qualifié les mesures adoptées par Trump de « brutales et infondées » dans Le Monde, tandis qu’Ursula von der Leyen a suscité un « profond regret » et a appelé à des négociations plus équilibrées. L’Europe envisage aussi des contre-mesures économiques comme l’instauration de taxes sur certains produits américains, tout en misant sur le dialogue pour apaiser les tensions.

Ce que disent les experts

Les choix politiques de Donald Trump ont déclenché pas mal de critiques parmi les spécialistes internationaux, notamment concernant sa défense antimissile. Par exemple, Jean-Vincent Holeindre dénonce l’idée selon laquelle « la force doit prévaloir sur le droit », estimant que cela oriente la politique vers une approche de prédation plutôt que vers le respect de la souveraineté. Maxime Lefebvre rappelle, quant à lui, que l’unilatéralisme n’est pas une nouveauté dans la politique américaine.

Gesine Weber met en lumière le choc provoqué par cette approche transactionnelle, notamment dans le dossier ukrainien, marqué par les frappes russes sur Kiev, et Jochen Balzulat n’hésite pas à critiquer ouvertement « l’hostilité » affichée par les États-Unis durant cette période.

Les tensions économiques et les relations germano-américaines

L’Allemagne ressent particulièrement ces tensions économiques, avec une récession persistante depuis deux ans et une contraction du PIB de 0,2 % en 2024. Selon YouGov, la popularité des États-Unis y a chuté de 50 % à 33 % en seulement six mois. Un sentiment de trahison envers les États-Unis pousse même Berlin à envisager de rapatrier son stock d’or américain.

Malgré ces désaccords, il ne faut pas oublier que l’Allemagne moderne doit une grande partie de son modèle à l’héritage américain : sa Constitution, son fédéralisme et son système économique portent bien l’empreinte des États-Unis. De plus, la présence de 35 000 militaires américains sur son sol contribue de manière significative à l’économie locale.

Laisser un commentaire

Share to...